Interview réalisée le18/09/2004

- Ludo et Nathalie sur scène
Nathalie et Ludo arrivent des bouchons parisiens, souriants malgré tout, disponibles. On comprend en les voyant d’où vient la chaleur et la convivialité du congrès de Niort. Reste à comprendre leur parcours, et comment ils ont réussi à donner un sacré coup de pouce à l’évolution de la salsa en province...
La découverte de la salsa
Ludo : Nous avons commencé à prendre des cours de danse dans le comité d’entreprise de ma boîte, et au bout de six mois, nous étions accros - si bien que nous répétions à la maison, … - la prof nous a dit « je vais à un stage de danse d’une semaine à Pontarlier , avec plein de profs, si vous voulez, vous venez »
Nous y sommes allés et nous avons pris 8 heures de cours par jour, nous avons tout testé : tango argentin, danses sportives, nous avons fait une heure de standard mais nous avons vu tout de suite que ce n’était pas notre truc… Nos deux coups de foudre ont été le lindy hop et la salsa.
La salsa, c’était avec Susan Sparks. Ce qui nous a plu par rapport à la plupart des danses, c’est que c’était ludique… C’est la danse que nous avons apprise le plus facilement - ce qui n’était pas le cas avec le lindy hop. Susan Sparks faisait une espèce de mix à l’époque, quand elle faisait son initiation, pas de base etc, c’était de la portoricaine, par contre ensuite elle mettait les couples en ronde, elle faisait faire des échanges de cavalière, sur la base de « dame », etc. Mais l’enchaînement qu’elle faisait faire était très portoricain. Il y avait une ambiance de folie, peut-être 80 personnes dans le cours, c’était un peu le « boxon » Et nous trouvions la musique très festive, entraînante …
Quand nous sommes rentrés, nous étions très attirés par la salsa et j’ai voulu en savoir un peu plus. C’est ainsi que j’ai participé au premier forum, qui s’appelait à l’époque ParisSalsa. Au début, je ne participais pas beaucoup, j’écoutais plutôt. Il y a des gens qui ont « disparu » depuis qui intervenaient, ça se frittait pas mal au départ, c’était sympa…
C’est comme ça que j’ai appris qu’il allait y avoir quelque chose au Trabendo.
Le Festival du Trabendo
Ludo : Quand nous sommes venus à ce festival, nous n’avions que quelques mois de salsa. Je passe sur les épisodes de files d’attente dans le froid … Quand nous avons réussi à rentrer dans la soirée …
Nathalie : Nous avons regardé !
Ludo : Comme des gamins devant une vitrine de jouets … En plus, c’était la grande époque de la cubaine. Nous ne retrouvions pas ce que nous avions appris en stage…
Le premier cours que nous avons eu, le lendemain matin, c’était avec Leon Rose. Nous avons attendu avec lui une heure dehors, il parlait avec tout le monde … Quand il a commencé l’échauffement, à faire des shines, puis l’enchaînement, nous n’étions pas perdus. C’était un soulagement.
Certaines personnes qui étaient à la soirée avaient quelques difficultés, et nous, qui étions perdus dans la soirée, pour le cours, c’était sympa. Nous en gardons un super souvenir, il faisait des passes avec des jetés de main, des caresses. C’est le premier prof que nous avons vraiment adoré !
Nous sommes partis du Festival en nous disant que nous avions de l’avance ! Et quand nous sommes revenus à Paris six mois plus tard… nous avons vu que c’était l’inverse ! Entre le Trabendo et le premier congrès de Châtillon… ça n’avait plus rien à voir.
Les premiers cours
Ludo : A chaque fois que nous rentrions d’un stage, nous étions gonflés à bloc, très motivés et puis… Sur le chemin du retour, nous avions de grosses déprimes dans la voiture…
Nathalie : Parce qu’au retour, ce n’était pas la même ambiance, on ne progresse que lorsque l’on a des gens autour de soi qui dansent, qui pratiquent, on s’enrichit, en terme de style, …
Ludo : La prof qui donnait des cours au comité d’entreprise nous a ensuite proposé de l’assister puis de donner des stages de salsa. C’est ainsi qu’avec nos pas de base, nos tours à droite, à gauche, quelques figures empruntées à Leon Rose, nous avons commencé à donner des stages. Nous avons ensuite créé l’assoc, pour former des gens qui viendraient à des soirées.
Nathalie : Pour créer une communauté de danseurs.
Ludo : C’était ça l’idée de départ. La première population qu’on a eue en cours était la population traditionnelle des cours de danse de province. Des gens qui prenaient des cours de rock, de danses de bal, la quarantaine en majorité.
L’année d’après, nous avons donné des cours spécifiques salsa, avant c’était un peu mélangé tout au long de l’année. Nous avons ainsi recentré et structuré l’association autour de cours spécifiques rock, lindy et salsa, ce qui a entraîné un petit rajeunissement au niveau des cours. Il y a eu un déclic lorsqu’un bar associatif nous a accueillis à Niort pour des soirées. C’est la deuxième année où nous avons une majorité de 20 - 35 ans (une soixantaine en cours débutant cette année). Nous avons converti pas mal de gens de l’année dernière qui sortent pas mal et qui progressent d’autant plus vite.
Votre enseignement

- Nathalie et Ludo en cours.
Ludo : Au départ, il y avait les figures que nous avions apprises, nous essayions de les retranscrire le mieux possible. Et puis je me posais pas mal de questions, comment faire mieux, comment faire passer certaines choses. En faisant des congrès, en regardant des vidéos, nous avons pris des choses chez différents profs.
Par exemple, à Puerto Rico, nous nous sommes inspirés d’Angel Rodriguez, de Razz’M’Tazz qui commence son cours en marchant, il ne compte pas, il fait « pam pam pam / pam pam pam ». Avant nous faisions faire le pas mambo tout de suite, nous disions "vous mettez le 1 ici, le 2 là, le 3", nous donnions trop d’explications, nous demandions déjà aux gens d’avancer un pied, de reculer un pied. Maintenant, d’une manière ludique, sans compter, nous leur faisons faire « pam pam pam / pam pam pam ». Ensuite nous leur disons : « une fois vous aller avancer le pied gauche, une fois vous aller reculer le pied droit ». C’est très « agricole », expression d’un prof de rock ! Ce qui nous angoissait, c’est qu’au départ les élèves faisaient souvent « pointer derrière, pointer devant », là au moins, nous arrivons à conduire la grosse majorité des gens à bien comprendre les appuis du corps. Après, comme nous passons un mois là-dessus, ça passe tout seul… Parce que les passes, après ça se passent en haut, mais les appuis sont acquis.
Au départ nous donnions trop d’explications, maintenant nous y allons graduellement, nous prenons plus de temps, après nous donnons beaucoup plus de détails.
Cette année, nous avons commencé à laisser des cours. L’un de nos élèves donne les cours de rueda. Nous avons passé beaucoup de temps l’an dernier à échanger, il a été assistant, nous l’avons mis en situation, il a fait des initiations, nous lui avons passé cette méthodologie. Maintenant il va voler de ces propres ailes, mais au départ c’était important qu’il y ait cette trame commune.
Je tiens à deux choses : la première, c’est l’écoute musicale, d’ailleurs à la fin du 1er trimestre, nous organisons une timing class - il y en a qui aiment, d’autres que ça n’intéresse pas. La deuxième consiste à faire passer des messages, sur l’aspect social de la danse. Pour les danseurs, ne pas prendre la fille pour un objet, de ne pas faire mal (au niveau des doigts, des prises de main), comment se faire inviter pour les filles, au bord de la piste de danse. Il y a toujours des filles qui viennent me voir au milieu d’année pour me dire « personne ne m’invite », et tu les vois assises, sur une chaise, comme ça … On a pris ça dans une cassette de Lady Styling d’Eddie Salsa Freak, son cours commence comme ça, comment se tenir au bord de la piste de danse, sourire !…
Organisateurs de congrès
Premier stage
Ludo : Tout ça tient de la même logique…
David Fagour avait répondu à un de mes premiers messages sur le premier forum, et après nous avions échangé par mail. J’avais découvert la rueda sur Paris, au Trabendo, je me suis dit qu’il fallait faire ça, pour lancer les cours, que c’était très convivial. J’avais posé des questions à David, il m’avait dit de passer à la Pachanga, pour me montrer. Je l’ai rencontré ainsi, nous avons échangé, sympathisé, et je lui ai proposé de venir faire un stage chez nous.
Ca s’est fait de façon artisanale, nous avions juste fixé la date, nous nous étions entendus sur des principes très légers, rien d’écrit. Deux jours avant le stage, il m’appelle pour me dire qu’il devait mixer la veille du stage à l’ENST, notre stage commençait à 9 heures. Nous l’avons vu arriver à 8 heures le matin, endormi sur le volant, il a pris une douche, il est allé faire le cours, c’était un peu l’apocalypse pour lui, mais il a assuré comme une bête…
J’avais fait ça pour que les gens n’aient pas que nous en référant… Ca me semblait important. Nous étions conscients de notre niveau, nous voulions que les gens voient des danseurs de Paris, qu’ils voient le niveau, le look, la manière de danser. Les gens ont adoré. Nous avons eu 70 personnes et nous avions fait ça sur un samedi, avec très peu de pub. Nous nous sommes dit que si on voulait monter un truc, fatalement ça allait marcher.
Le premier « El Sabor de la Salsa »
Nous avons fait venir David, Isaak et Nadège de Salsabor. Pour moi, Salsabor c’était la référence en matière de salsa portoricaine, notamment pour montrer le style et l’élégance. Nous avions la rueda avec David, le gars qui donne des choses, les gens se marrent, passent un très bon moment… Sur ce premier stage, nous avons eu 120 personnes sur un week-end, avec un petit concert le samedi soir, avec deux ou trois démos … Nous avons vu des gens arriver de Rennes, de Nantes, avec un minimum de publicité…
Le deuxième « El Sabor de la Salsa »
C’est le premier qui s’est fait à l’espace Tartalin. Nous avons fait venir Cliford et Valérie, Super Mario, David, Nadège…
Cliford et Valérie s’imposaient pour moi pour le « 2 », on avait David pour la rueda, on voulait aussi quelqu’un pour la portoricaine sur le « 1 » J’avais rencontré Super Mario lors d’un événement organisé par Marco, je l’avais trouvé sympa, j’avais bien aimé son style. J’ai demandé à David son avis. Il m’a dit « Nadège et moi, on va dans des congrès, Nadège c’est une star, tout le monde lui dit bonjour, moi je ne suis pas une star… Le seul qui me dit bonjour, c’est Super Mario » J’ai dit « c’est lui qu’il nous faut ! C’est l’esprit qu’on veut … » Et on ne s’est pas trompé, la première année, il a fait un malheur.
Dans cette deuxième édition, on a eu les Sals’Appeal… C’est suite à un appel que j’avais mis sur le forum, qu’Amélie a gentiment répondu. Je connaissais la troupe, fatalement, puisque nous les avions vues au Trabendo. En effet, les Dame Locura (NDLR : premier nom de la troupe Sals’Appeal) avaient gagné le concours de rueda. Elle s’est proposée de venir avec sa troupe, , et pour nous c’était vraiment cool d’enregistrer la présence d’une troupe qui avait marqué nos débuts... David et Nadège avaient monté à l’époque la No Troupe, qui est venue aussi. L’été d’avant, nous avions rencontré Hubert et Karine à Puerto Rico, qui étaient dans Cachimbo qui démarrait à l’époque, je leur ai dit de venir, et ainsi de suite …
Sur le 2e El Sabor, Jack m’a beaucoup aidé. Nous avons échangé au téléphone, et de lui-même, sans qu’il y ait eu d’accord préalable, il a fait le « décret de salsification de la province » , ce n’est pas moi qui lui ai dit de le faire. Un jour, je vais sur le forum, et je vois ça ! Je me suis dit « c’est mortel, il va faire venir du monde … »
Nous avons eu pas mal de parisiens… Quand nous avons vu l’ampleur que ça a pris, David a dit que l’année d’après il fallait appeler ça un congrès.
Nathalie :
Ce qui est bien c’est que les gens ont complètement adhéré, pour El Sabor, beaucoup de bénévoles se sont mobilisés … Les gens y ont cru. Au départ, ce n’était pas gagné d’avance, d’organiser un événement comme ça. Moi la première, quand Ludovic m’a dit ça, je lui ai dit « t’es pas bien… » Après, une fois lancé, tu es dedans, mais au début … Maintenant, tout le monde est à fond, les gens sont motivés, et ça c’est super !
El Sabor 2005
Ludo : Nous avons pratiquement bouclé le plateau artistique, le budget, nous sommes prêts encore plus tôt que l’an dernier.
Le thème majeur, cette année, c’est la salsera. Il y aura deux grosses soirées, le vendredi soir avec un concert, le samedi soir avec les shows.
Le vendredi soir, c’est une soirée spécial salsera. Nous avons un groupe de 11 musiciennes, Yemaya la Banda, on a que des djs filles, Gataloca, Nadège, Salsita, peut-être Davida (NDLR : version « féminine » de David Fagour, déjà aperçu(e) en Congrès…), mais ce n’est pas encore fait … Il va y avoir un concours de « la plus salsera », nous aurons un jury de profs, il y aura des chaussures de danse à gagner, une robe… Il y aura un défilé de mode, avec la Casa Latina de Bordeaux. Nous aurons des taxis boys. Des garçons spécialement triés sur le volet, avec des tee-shirts, ils n’auront pas le droit d’inviter, mais ils n’auront pas le droit de refuser des danses, ils seront à disposition des filles pour danser, mais je pense qu’il faudra prendre des tickets, il y aura probablement Super Mario, David Fagour, que des gens très sympas… C’est en réaction par rapport à toutes les filles qui restent un peu sur le bord de la piste dans les congrès …
Le samedi soir, ce sont à peu près deux heures de show, bien assis, et après des DJs.
Nous passons à 4 salles de cours. Les mêmes profs que l’année dernière, avec en plus Susana Montero, les frères Massaro, Dominique Gombert, une prof de Montpellier, spécialiste de l’afro-cubain, qui va donner des cours d’afro-cubain, nouvelle rueda, styling fille cubain, et des profs qui font partie de troupe.
Nous aurons normalement le vendredi après-midi un cycle de conférence réservé aux profs de danses qui enseignent la salsa . Ca se terminera par une table ronde. Tout un package pour alimenter le contenu de leur enseignement.
Nous aurons un pass pour démarrer la salsa, comme à Paris et à Cannes. Un pass pour des cours le samedi, avec accès aux deux soirées, et pas cher. Nous avons eu des demandes l’année dernière.
L’âme d’El Sabor de la Salsa
La convivialité, l’esprit du congrès, c’est ce que nous voulons garder à tout prix. J’y tiens particulièrement … C’est pour ça que je me force à certaines règles.
La première chose, c’est que nous faisons attention au nombre de personnes par cours.
Ensuite, il y a quarante bénévoles dans l’organisation, et il faut que ça reste bénévole. Comme c’est une association, il n’y a pas ce côté « faire de l’argent sur la salsa », et les gens qui viennent le sentent.
Et nous mettons un point d’honneur à traiter les gens qui s’inscrivent le plus aimablement possible. Nous n’avons plus à briefer les bénévoles pour ça, c’est leur événement maintenant, ils sont fiers que les gens viennent les remercier, un cycle s’est créé, ils mettent un point d’honneur à être accueillant.
Il y a les internationaux, les profs qui sont choisis parce qu’ils dansent bien, parce qu’ils sont bons pédagogues, mais aussi pour leur manière d’être avec les élèves. Il n’y aura jamais de star, qui arrive avec des lunettes de soleil en cours, qui ne dit pas bonjour, qui fait son cours et qui se tire, qui arrive dix minutes en retard, ça n’existera pas à El Sabor de la Salsa, enfin je l’espère.
Ils sont choisis aussi pour ça. Nous avons assisté à leur cours, en règle générale. Par exemple, Sacuye, nous les avions vus sur scène, nous avions craqué pour leurs chorés de furieux, et nous les avions vus en cours, le reste de la troupe était là en train d’aider les élèves, nous avions adoré ça. Dominique Gombert est très sympa, tout comme Stéphane Massaro et Renata qui vont amener quelque chose de différent, Suzanna Montero, qui est super gentille, va aussi amener quelque chose de différent.
A côté de ça, il y a les gens qui ont des troupes, à Paris ou en province, ou qui se lancent, comme Hubert, etc, qui sont d’abord des copains à nous, des gens qu’on a connus par la danse, et tous ces gens sont traités pareil.
Nous essayons aussi qu’El Sabor soit un moyen de mettre en avant la province. L’an dernier, c’était Hicham et Anne-Laure et Las Rochellitas. Cette année, nous reconduisons Hicham et Anne-Laure, il y aura la nouvelle troupe de La Rochelle, il y aura Boki de Bordeaux…
Peut-être d’autres personnes encore…
Des gens comme Hicham et Anne-Laure, ça leur a donné une clef supplémentaire pour aller plus loin, et ça leur sert de mentionner qu’ils ont fait El Sabor, comme nous nous sommes servis du fait d’avoir donné un cours de cha-cha-cha au congrès de Paris.
Cliford et Valérie nous ont donné une chance, en nous faisant venir à Paris, nous voulons faire la même chose, donner un coup de pouce à des gens qu’on apprécie.
La salsa en province
Ludo : Depuis un an ou deux, ça a changé, les gens commencent vraiment à danser, il y a des choses qu’on peut partager. Quand nous avons commencé, nous étions un peu tout seul dans notre coin, il y avait de la salsa à Niort parce que nous donnions des cours. A Nantes, à La Rochelle, il y avait des embryons mais pas comme aujourd’hui. Maintenant, nos copines de la Rochelle ont monté Salsa Pimente, à Nantes, à Rennes il y a plusieurs assocs organisées (Salsa Fresca, A Gozar la Salsa, Los Loquitos de la Salsa, Salsa Fievra…), plein de gens qui sont partis avec le même schéma, donner des cours, organiser des soirées … Maintenant, quand nous faisons de grosses soirées, les gens n’hésitent pas à se déplacer, à faire 200km en voiture. Ensemble, nous avons réussi quand même à faire un petit réseau, chacun à son niveau développe des noyaux locaux, il y a de plus en plus de monde qui commence à se déplacer. Pour Salsa en La Playa à la Rochelle, il y avait plein de gens de Bordeaux, de Niort, de Nantes. C’est sympa ! (la concrétisation de ce réseau c’est www.salsa-ouest.com)
Le fait d’avoir monté la troupe, de s’être produit à Paris, Marseille, Cannes, ça a montré que c’était possible ; et des gens comme Hicham et Anne-Laure, après El Sabor de la Salsa, ont fait un congrès en Irlande. A la Rochelle, il y a une troupe qui s’est montée, avec douze danseurs, de mémoire, ils seront là à El Sabor de La Salsa 2005, et s’ils sentent que ça marche, ils attaqueront les congrès. Pazapas Dance Company a permis de faire croire en ça, comme Salsa Fievra me l’avait fait entrevoir à Châtillon.
La Pazapas Dance Company
Ludo : Quand nous avons dansé la 1ère fois, pour El Sabor de la Salsa à l’espace Tartalin, nous nous étions dit qu’il fallait faire quelque chose, nous étions chez nous, des troupes allaient venir, nous voulions montrer que dans notre association nous dansions la salsa aussi, nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose à notre niveau. Valérie nous a proposé de venir le faire à Paris. J’avais espéré ça secrètement, mais comme nous n’avions pas anticipé et que je n’avais pas osé l’évoquer aux autres, nous n’avons pas pu le faire. Nous sommes donc venus avec Nathalie faire « la grenouille » pour ne pas laisser passer l’occasion. Mais nous nous sommes rattrapés avec « Starsky et Hutch » cette année.
Nathalie : Nous étions un peu frustrés d’avoir fait la démo à deux. Quand tu sors de scène, tu ne peux pas le partager.
Ludo : On s’est retrouvé le dimanche soir, dans notre lit, on s’est dit « tu te rends compte, on est passé à Paris ? Ben ouais… Il y avait 1500 personnes dans la salle… Ben ouais… On a eu la trouille, hein ? Ben ouais… Bon ben, bonne nuit !"
Cette année, c’était vraiment une aventure de groupe… C’est ce qu’on préfère dans les démos.
C’est vrai qu’il y a aujourd’hui toute une population de gens qui a appris à danser avec nous et quand nous les voyons danser, c’est assez valorisant. Et les gens qui se sont produits sur la scène de Paris sont nos élèves. Ils avaient commencé avec nous. C’est vrai que ce spectacle, certains ne l’ont pas aimé - d’autres l’ont aimé. Nous sommes très conscients du niveau où nous étions, de ce que nous avons fait, nous en sommes aussi très fiers, parce que nous n’avons pas à Niort un super prof pour nous coacher. Nous travaillons à partir de ce que nous avons vu lors des stages auxquels nous participons. On se filme, on regarde et on rebosse avec, nous avons travaillé avec le cœur, avec des gens qui ne sont pas des danseurs ayant fait dix ans de classique ou de modern jazz ou encore de hip hop et qui se mettent à la salsa sur le tard. Ce sont des personnes qui ont beaucoup travaillé, qui ont été très attentives pour monter quelque chose à huit, avec la synchronisation qui s’impose, et à notre niveau, même si les passes pouvaient ne sembler pas très compliquées, c’est quand même du cha-cha-cha qui allait très très vite, ce n’était pas si évident que ça. De plus, le jeu de scène, pour des gens qui ne sont pas forcément acteurs a été pour certains comme un "viol", il a fallu les pousser dans leurs retranchements. Il y a des répètes où j’ai piqué des coups de gueule, ça a mis beaucoup de temps, beaucoup de travail. Si nous avons fait passer un bon moment aux gens, qu’ils ont rigolé, qu’ils ont trouvé l’idée sympa, ben voilà, c’était notre objectif… Parce que pour moi, un show de danse ce n’est pas forcément qu’une performance technique.
La soirée Salsafrance Mag
Beaucoup de gens étaient sceptiques en province, moi, je voyais l’intérêt, parce que pour El Sabor, ça a aussi marché parce qu’il y a eu un engouement des parisiens, et que les gens ont vu les danseurs parisiens…
Personne ne semblait vouloir organiser cette soirée, et pour moi ça faisait trop de chose, alors j’ai dit "ok, je monte la soirée, je trouve un lieu, mais vous allez donner des cours bénévolement - les gens ne se déplaceront pas s’il n’y a pas de stage - on fait une soirée à plusieurs assocs, tout le monde donne quelqu’un pour ranger la salle et pour tenir le bar"
Nathalie : Et on mélange les profs !
Ludo : Moi, je donnais le cours de cha-cha-cha avec Anne-Laure, Nathalie donnait un cours de salsa avec Moana de Rennes, Boki a donné un cours de bachata avec Géraldine de La Rochelle, Hicham a donné un cours de rueda avec Isabelle, Adrienne de Rennes a donné un cours avec Achile de La Rochelle. Nous avons passé une journée extraordinaire, les gens étaient ravis, une soirée démentielle, Karine et Hubert étaient venus faire une démo, Jack était venu mixer. Nous avons concrétisé cette idée de réseau.
Nous nous sommes dit que la salsa avait passé un cap. Il y a deux ans, ça n’aurait pas été possible. Nous ne connaissions pas les gens, ce qui se faisait dans les autres villes.
Nathalie : Et ça a rapproché les gens, parce qu’on ne connaissait pas plus que ça. Le fait de donner des cours ensemble, ça rapproche. Et je crois que ça s’est ressenti…
De grands mercis à…
Ludo :
David Fagour et Nadège :
Ils ont tout de suite accepté d’être parrain et marraine de l’association. Il y a eu beaucoup d’échanges avec eux…
David, président de l’association Pazapas :
Tout ce qui a été fait au niveau de l’association et du congrès, c’est grâce à lui, qui travaille dans l’ombre. Il nous permet de nous concentrer sur les aspects artistiques, la coordination au niveau du congrès. David fait un travail énorme. Les gens commencent à s’en rendrent compte… Sans lui, on aurait jamais pu faire ce qu’on a fait.
Nos parents :
il faut dire merci aux parents aussi… qui gardent Quentin (notre fils de trois ans) quand on donne les cours. Ils viennent dormir à la maison, pour que Quentin ne soit pas perturbé… On arrive à avoir une vie de famille…
C’est aussi ce qui nous différencie des gens de Paris… On est des « vieux », on est en couple depuis l’âge de dix-huit, on a eu le temps d’avoir un chien qui est mort (rires), on a un enfant de trois ans, on est marié, on a des boulots, une maison, on a une vie installée. C’est le paradoxe : une vie installée, avec un gamin qui rentre à l’école cette année, qui nous impose un certain nombre de chose, et on arrive quand même à faire tout ça parce qu’on est entouré.
Cliford et Valérie :
Qui nous ont accueillis deux fois au congrès de Paris, ça a été une grande aide.
Jack_el_Oso :
Il m’a donné un grand coup de main en promotion pour El Sabor…
Le fait qu’il ait monté ce forum, et puis son mode de modération font que j’ai pu poser des questions de néophytes, grosses comme moi quand j’y repense, bien pire que les questions qui peuvent être posées maintenant - il n’y a plus grand monde qui ose poser des questions maintenant, parce que c’est tellement évident pour des gens qui sont sur le forum actuellement - il a permis ça.
Aux photographes :
Ils répondent toujours présents et nous permettent de nous remémorer en photos ces instants de joie (Salasfuriosa.com et Bordeauxsalsa.com)
Dans 10 ans, vous vous voyez comment, par rapport à la salsa ?
Ludo : Vieux… ! C’est Quentin qui va prendre la relève ! Je ne pense pas qu’on donnera toujours des cours, mais on dansera toujours, je ne sais pas sous quelle forme, mais on dansera toujours…
Le site de PAZAPAS
La bio de Nathalie et Ludo
La Pazapas Dance Company