Dans la désormais bien longue série des concerts-hommage à Untel ou Unautre, réunissant une brochette de vocalistes célèbres pour interpréter ses succès, voici l’enregistrement de celui consacre à Marvin Santiago, alias "El Sonero del Pueblo", qui est décédé en octobre 2004.
Il est bon de préciser que contrairement à la plupart des événements du même type, celui-ci a lieu de son vivant, 7 mois avant sa mort, en présence de l’intéressé, qui malgré la maladie qui le ronge, ne résistera pas à venir pousser la chansonnette... ou plutôt, à essayer péniblement de le faire, car sa voix, elle, semble déjà être partie. Triste moment que d’entendre le chanteur historique de Bobby Valentin, celui qui de sa voix inimitable, incarnait sans doute mieux que personne l’homme du peuple, le portoricain ordinaire, prendre le micro, essayer de placer ses pregones, et sa voix lui faire défaut. Plus qu’un moment d’émotion, c’est un certain malaise qui s’installe à partir de cet instant : cet homme à qui l’on rend hommage va mourir, cela ne fait plus de doute.
Cette parenthèse mise à part, l’exercice consistant à faire interpréter le répertoire d’un artiste donné à un certain nombre de ses confrères, aussi prestigieux soient-ils, réserve comme bien souvent des bonnes, et de moins bonnes surprises.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le répertoire d’un artiste aussi singulier que Marvin Santiago ne va pas à tout le monde.
Luisito Carrión (sur Fuego a la Jicotea et Salao) et Oscar d’Leon (sur Me mata o lo mato yo, Al son de la lata, La Picua et La Buruquena de Doña Inés) s’en sortent particulièrement bien. Andy Montañez est égal à lui-même sur Son son chararí, et sur Dos Soneros en duo avec Oscar d’Leon. Domingo Quiñones sur Vasos en colores et Pirata del mar, bôf. Victoria Sanabria sur El Jíbaro y la naturaleza et sur Soy Boricua, bôf, bôf, bôf. On regrette presque de ne pas avoir laissé ces deux derniers morceaux à Luisito Carion, ou au roi Oscar.
On n’évitera pas le traditionnel morceau d’introduction composé pour l’occasion où tout le monde chante en chœur, puis à tour de rôle, et qui est comme bien souvent là pour justifier la présence de la touche "skip" (plage suivante) sur notre lecteur de CD.
Reste cette impression quelque peu tragique d’assister à un concert d’hommage à un mort annoncé, en présence de ce dernier qui, rongé par la maladie, et avec une voix qui lui fait défaut, veut encore chanter.
Mais après tout, El Gran Combo ne disait-il pas :
Lo que me vayan a dar, que me lo den en vida
No vayan a esperar despues de mi partida
No quiero que me pase lo que le pasó a Daniel,
al maestro Pedro Flores y al glorioso Rafael.
Por eso
Lo que me vayan a dar, que me lo den en vida...
(paroles complètes et traduction sur BuscaSalsa)
Titres :
Tributo Al Sonero Del Pueblo
Prestame Tu Caballo
Fuego A La Jicotea
Salao
Vaso En Colores
Pirata Del Mar
El Jibaro Y La Naturaleza
Soy Boricua
Mangoneo
Si Dios Me Quita La Vida
Me Mata O Lo Mato Yo
Al Son De La Lata
La Picua
La Buruquena De Doña Ines
Son Son Charari
Dos Soneros
Musiciens :
Luis "Perico" Ortiz Director musical and trompeta
Luis Carrion Vocal
Victoria Sanabria Vocal
Domingo Quiñones Vocal
Oscar D’Leon Vocal
Hector "Wichie" Camacho Vocal
Henry Santiago Vocal
Elias Lopes Trompeta
Humberto Ramirez Trompeta
Roberto Calderon Sax baritono
Oliver Santana Sax alto
Richard Carrasco Bongo
William "Kachiro" Thompson Congas
Freddie Miranda Timbal
Pedro Perez Bajo
Juan Carlos Sierra Piano