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Comment choisir votre première paire de Congas ?
par Laurent "ZunZun" Lamy

Introduction

Lorsque j’ai commencé les congas, il y a une vingtaine d’années, il n’existait que quelques marques d’importation et plusieurs marques de fabrication artisanale.

Le choix était alors plus facile, il existait moins de modèles et donc plus d’écart de prix entre les différentes catégories et aussi moins de gammes. Depuis une vingtaine d’années, les marques et les sous-marques se sont multipliées et les disparités de prix se sont atténuées. Une fois encore, les avantages ne vont pas sans les inconvénients et nos instruments préférés n’échappent pas aux évolutions de l’économie de marché. Toutes les marques industrielles fabriquent leurs modèles à Taïwan... Il y a en a donc pour toutes les bourses mais comment se repérer dans cette forêt de modèles à tous les prix et pour toutes bourses ? Comment savoir si l’investissement sera durable ou pas ? Que choisir ? Pour le savoir, il faut s’intéresser à la culture de l’instrument que l’on convoite, connaître les différents noms qu’il peut porter ?

Pourquoi existe-t-il plusieurs matériaux de construction, plusieurs diamètres etc.

Voici quelques pistes simples pour vous aider à vous repérer.

Les diamètres

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Diamètres
Quinto (en bas), conga (en haut à gauche), tumba (en haut à droite).

Il existe trois diamètres de base pour les congas. Les noms les plus communément utilisés sont : le quinto pour le diamètre le plus petit, la conga pour le diamètre moyen et la tumba pour le diamètre le plus large. Deux autres diamètres peuvent venir s’ajouter à chaque extrémité : le re-quinto plus aigu et plus petit que le quinto et la super tumba plus grave et plus large que la tumba.

Je ne sais pas pour vous mais lorsque j’ai commencé les tailles utilisées par les constructeurs, données en pouces (unité de mesure anglo-saxonne), ne m’évoquaient rien. Je ne me représentais pas concrètement ou visuellement la taille. C’était très abstrait ; ce qui explique que je vous donne la conversion des diamètres en pouces et en centimètres.

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Quinto
Le quinto n’est pas assez large pour jouer confortablement.

Les diamètres de références de toutes les marques (ou presque) industrielles et d’un certain nombre de marques artisanales sont les suivants : re-quinto 10" (25 cm), quinto 11"(28cm), conga 11 3/4"(30,25 cm), tumbadora 12 1/2" (33cm).1 pouce vaut environ 2,5 cm (exactement 2,54 cm).

Ceux-ci peuvent varier légèrement d’une marque à l’autre. Ces mêmes constructeurs vendent assez rarement les instruments à l’unité et incitent plutôt les futurs acheteurs, le plus souvent débutants, à se munir d’une paire avec des prix volontairement plus attractifs. Il suffit de regarder comment les magasins d’instruments présentent leurs vitrines. Ils savent aussi qu’un débutant prenant des cours aura entendu de la bouche de son prof qu’il est conseillé d’en acheter deux car l’étude des congas commencent par les rythmes populaires et en particulier par ceux de la Salsa.

Mais ce que les marques nous vendent comme étant une paire de congas n’est vrai que par le nombre mais pas par les diamètres.

Dans les modèles de moyenne gamme, le plus petit est plus souvent le diamètre du quinto et celui de la plus large celui de la conga. Il est préférable de se munir d’une paire comportant conga + tumba et non quinto + tumba. La combinaison quinto + conga n’est pas plus conseillée.

En effet, le choix du diamètre n’est pas seulement une question de son. Le confort des mains est très important. C’est pour cette raison qu’il faut éviter des diamètres trop petits.

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Conga
En mettant les deux mains sur la peau, en position de jeu, il doit rester suffisamment de place pour être à l’aise.

Lorsque vous irez essayer le modèle fait pour vous, posez votre main à plat sur la moitié haute du cercle. Elle doit pouvoir reposer sur la peau très largement... Vos doigts ne doivent en aucun cas dépasser du cercle que forme la tête de la peau.

Le quinto, quand à lui, est le dernier tambour que l’on achète parce que c’est un instrument improvisateur. C’est un instrument soliste et de très petit diamètre. A déconseiller aux débutants qui ont besoin de travailler le son et la technique, l’improvisation viendra plus tard. Pour cela, il est nécessaire d’être confortable et bien en appui sur un diamètre conséquent.

Cependant, n’oubliez pas que nous avons tous des morphologies très différentes. Certains ont les doigts plus ou moins longs, d’autres auront les mains plus larges etc. Il vous faudra en tenir compte et l’avoir en tête lorsque vous essayerez vos congas.

Le fût

Les cubains ont un dicton : « Le son c’est 70 % la main et 30 % la peau ». Mais alors ! Que reste-t-il au fût ? Ce que veut exprimer ce proverbe un peu exagérément, c’est que le percussionniste doit d’abord penser à travailler avant de penser à la qualité de l’instrument et que c’est le musicien qui fait d’abord le son.

Je partage cet adage mais cela ne veut pas dire qu’il faut acheter n’importe quoi.

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Fût californien
Exemple d’un fût de type « californien », plus ventru.

Il existe deux types de fût. Le premier et surement le plus répandu, est le modèle californien. Il s’agit d’un fût de type ventru. Sa caractéristique principale est d’offrir un son plus chaud et plus profond.

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Fût cubain
Exemple d’un fût plus effilé, de type « cubain »

Le second est le modèle cubain plus effilé. On le reconnaît facilement par les cerclages placés autour du corps du fût rappelant ceux des tonneaux. Le son de ce modèle est plus incisif.

Il est conseillé de vérifier la bonne qualité de l’assemblage et du collage des lattes. En passant légèrement les doigts sur la surface du fût, on peut se rendre partiellement compte de cet aspect. Si vous ne sentez aucun relief à l’endroit ou les lattes sont jointes, c’est plutôt bon signe. Il faut que ce soit parfaitement lisse comme si le fût n’était composé qu’une seule pièce. Vous pouvez également vous assurez du bon encollage des lattes en regardant à l’intérieur. Si ces dernières ne sont pas toutes de la même taille ou/et si elles ne paraissent pas au même niveau les unes par rapport aux autres, ils faudra peut-être voir autre chose à moins que le prix ne justifie des finitions approximatives. On ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ?

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Embase
Exemple d’une embase en caoutchouc

L’embase (le bas du fût) peut-être revêtu de métal ou de caoutchouc. Votre préférence ira vers le caoutchouc car le métal peut rayer le parquet à cause des vis qui fixe la pièce. Le caoutchouc est aussi plus confortable et se prête bien à tous les revêtements de sols.

Le bois ou la fibre ? Pour avoir personnellement utilisé les deux, je considère que la différence est telle qu’il s’agit de deux instruments complètement différents. Les deux ont pourtant leur intérêt selon le contexte dans lequel on joue.

Les congas en fibre de verre (résine comparable à celle utilisée pour réparer les coques de bateau) sont plus puissantes avec un son beaucoup plus métallique. Elles comportent aussi plus d’harmoniques parasites qui les font beaucoup plus résonner. Les débutants auront plus de difficultés à maitriser les sons au début. D’autre part la puissance naturelle qu’elles dégagent n’aide pas à évaluer sa puissance réelle de frappe. Le bois est donc moins puissant mais plus chaud. La plus grande subtilité du bois est plus conseillée pour l’apprentissage et facilite l’acquisition des nuances. La puissance, plus difficile à acquérir avec un instrument en bois s’obtient plus difficilement mais donne au final, de meilleurs résultats. Les constructeurs ont commencé à appliquer une fine couche de résine à l’intérieur sur une petite partie du haut de la coque afin de renforcer la dynamique du son. Cela permet aussi de renforcer le haut de l’instrument, celui-ci subissant de très fortes pressions liées à la tension de la peau.

L’accastillage

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Coquille
A défaut d’une coquille en losange, assez rare, cette forme triangulaire est également un bon choix

Tout le monde ne sait pas ce qu’est l’accastillage. Au départ, ce terme est utilisé dans le domaine de la construction des bateaux.

Mais quel rapport avec une conga me demanderez-vous ? En fait, on utilise ce mot pour désigner l’ensemble des parties métalliques : cerclage, tirants, boulons, plaques métalliques etc.

Posséder un bon accastillage permet de mettre de meilleures peaux, un peu plus épaisses, sans que le fût ne subisse de déformation sous la tension évaluée à plusieurs tonnes s’exerçant principalement sur le haut du tambour.

La qualité du fût et celle de l’accastillage sont étroitement liées. Lorsque vous allez être tenté par l’économie réalisé par l’achat de congas de bas de gamme, n’oubliez pas que les matériaux utilisés sont les moins chers possibles et donc les moins solides possibles.

Cela explique que le poids général de l’instrument soit extrêmement léger et peux se soulever avec un doigt. Pour que l’accastillage puisse tenir dans ce cas, il faut que la peau exerce une pression la moins importante possible. On mettra une peau fine comme une feuille de papier à cigarette. Lorsque vous souhaiterez mettre une peau plus épaisse, les tirants ne tiendront pas et il est même fort possible que vous ne parveniez pas à la poser.

Au contraire, il est parfaitement inutile que vos tirants soient trop épais. Cela n’influence aucunement la solidité de l’ensemble. L’idéal est d’avoir six tirants par fût justement répartis sur tout le diamètre. Les coquilles en forme de losange sont celles qui respectent le mieux les nervures naturelles du bois.

Les finitions peuvent avoir également leur importance. Les lamelles de caoutchouc placées sous les plaques métalliques accueillant les tirants ont l’avantage d’atténuer les résonances parasites résultant des vibrations occasionnées par certaines frappes et par le contact entre le bois et le métal. Elles sont donc les bienvenues.

La peau

Ce sont les peaux de vache que l’on utilise le plus souvent. La peau de taureau est également utilisée.

Beaucoup moins chère, la peau de porc est employée pour les modèles de bas de gamme et les sous marques. Evidemment, là encore, tout est différent. Le porc est beaucoup moins souple et beaucoup moins confortable. Si vous en essayez une, vous sentirez à quel point elle n’est pas lisse et combien cela peut devenir gênant après un certain temps de pratique.

On dit volontiers que le choix de l’épaisseur de la peau dépend du son du conguero. Cela dit, on peut poser comme point de repère le suivant : Plus le diamètre est étroit et plus on pourra mettre une peau épaisse.

La vérité est surement au milieu, vous pourrez commencer en choisissant une peau moyenne le temps de découvrir celle qui vous convient le mieux. Sachez tout de même que peu de marque de type industriel propose de bonne peau. Vous aurez à les changer rapidement par la suite si vous êtes pointilleux sur la qualité de la peau qui conditionne grandement la qualité de votre son.

Conclusion

Nous savons tous combien le matériel musical est cher de nos jours. Il faut être sacrément motivé pour investir et assouvir son envie de congas. Par contre, on peut dire que les choix possibles sont plus variés et que différents budgets sont possibles. Je vous conseille tout de même de réfléchir longuement avant de vous engager dans un achat comme celui là. Dans le cas ou il ne fait aucun doute pour vous qu’il ne s’agit pas simplement d’un coup de tête, il est préférable d’attendre un peu plus longtemps et de s’acheter un matériel correct et plus durable de milieu de gamme. Vous aurez alors à prévoir un budget d’environ 600€ pour une paire de tambours. Vous pourrez aussi reporter sur le matériel d’occasion. Le monde de l’occasion permet de trouver des bons instruments à prix réduits.

Il est également préférable de se munir d’une paire de congas dès le départ car les débutants commencent par étudier les rythmes de l’orchestre. On a donc besoin de deux tambours.

Je conclurais ce cours article en vous disant que l’achat de vos congas fait partie intégrante de votre apprentissage de la musique. Je vous souhaite bon courage…

©2005. Laurent « ZunZun » Lamy. Tous droits réservés.


Photos réalisées avec l’aimable participation du magasin La Boîte aux Rythmes, 29, rue Henri Monnier, 75009 Paris, tél. : 01 45 26 52 10, www.laboiteauxrythmes.com

Crédit photo : jsalsero



 

 

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