"Classe, inclassable, virtuose, mystique, tout simplement inédit", encore un coup, c’est le sticker sur le boîtier qui l’affirme. Et il n’a pas complètement tort, il faut bien l’avouer, sauf peut-être pour l’aspect inédit. Car si ce disque est bien l’OVNI tant vanté, il a cependant un précédent : un projet (disque et concerts) de Cachaito, auquel Anga avait déjà pris part.
Cet album, le 1er de Miguel « Anga » Diaz en solo, se place dans la continuité, en renouvelant le langage du latin jazz, grâce notamment à la collaboration du DJ légendaire Dee Nasty aux platines. Tout au long des 11 morceaux (13 en comptant une introduction et une conclusion), celui-ci nous prouve que le scratch hip-hop, non seulement n’est pas mort, mais qu’il a sa place dans un tel collectif.
Les autres collaborations de prestige qu’on pourra retenir sont proprement innombrables : le contrebassiste Cachaito à nouveau, le Malien Baba Cissoko pour un subtil mélange de percussions Mali-Cuba, le flûtiste « Magic » Malik, le trompettiste cubain « Guajiro » Mirabal, le regretté Ruben Gonzalez et son désormais remplaçant au sein du Buena Vista Roberto Fonseca, le bandonéoniste Pablo Nemirovsky.
Le répertoire, quant à lui, va des standards du jazz (« A Love Supreme » de John Coltrane, « Round Midnight » de Thelonious Monk), aux compositions originales d’Anga et/ou de ses collègues, en passant par les standards du jazz cubain (notamment le superbe « Gandinga Mondongo Sandunga » de Frank Emilio Flynn, dont on regrettera juste que le subtil décalage rythmique soit quelque peu désamorcé en y ajoutant une note supplémentaire).
Teinté de musique argentine, malienne ou d’éléments du folklore cubain (une superbe comparsa de carnaval mélangée à du funk et, si je ne m’abuse, à du Michael Jackson !), avec une très forte dimension jazz (bourré d’improvisations jusqu’à la gueule), et un peu de hip-hop (et c’est sûr, j’en oublie), ce disque, dans son très joli packaging (ce qui ne gâche rien) est une superbe surprise.
Il était tant qu’Anga sorte quelque chose, mais vu la qualité du présent 1er opus, on comprend qu’il ait pris son temps…
Titres :
San Juan Y Martinez (Miguel "Anga" Diaz, Juan Miguel Diaz Zayas)
Rezos (Miguel « Anga » Diaz, Joel Hierrezuelo Balart)
Pueblo Nuevo (Israel Lopez)
Tumé Tumé (Baba Sissoko)
A Love Supreme (John Coltrane)
Gandinga Mondongo Sandunga (Frank Emilio Flynn)
Dracula Simon (Miguel "Anga" Diaz, Orlando "Cachaito" Lopez, Malik Mezzadri)
Round Midnight (Thelonious Monk)
Jerry’s Tune (Miguel "Anga" Diaz)
Oda Maritima (Pablo Nemirovsky)
Freeform (Miguel "Anga" Diaz, Baba Sissoko, Daniel Bigeault)
Conga Carnaval (Chucho Valdes)
Closing (Miguel "Anga" Diaz)
Musiciens :
Miguel « Anga » Diaz, percussions, congas, timbales, chœurs, güiro, cajon et direction,
Baba Sissoko, tamani, n’goni, voix,
Dee Nasty : platines,
Pablo Nemirovsky, bandoneon,
Jorge Chicoy, guitare,
Malik Mezzadri, flûte,
Percussions : "Goyo" Gregorio H. Rios (bata, voix, clave, shekere, percussion), Marcos H. Diaz Scull (bata, cajon, congas, choeurs, percussions), Maximino Duquesne Martinez (bata, cajon, congas, shekere, choeurs, percussions), Lazaro Dayan Soria (shekere, bata, choeurs, percussions), Joel Hierrezuelo Balart (timbales, voix, percussions), Yosvani Diaz Herrera (bata), Amadito Valdes (timbales), Carlos Gonzalez (bongo), Enrique Pla (batterie),
Piano : Roberto Fonseca, Ruben Gonzalez, Rubencito Gonzalez, David Alfaro, Chucho Valdes,
Basse : Orlando "Cachaito" Lopez (+ choeurs), Claude Mouton, Simon Burwell,
Voix : El Indio, Carlos Alfonso, Eliane Castillo, Ele Valdes, Arlety Valdes, Melvis Estevez, Yudelkis Lafuente,
Trompette : Manuel « Guajiro » Mirabal, Yaure Muñiz, Julio Padron (+ chœurs), Basilio Marquez,
Saxophones : Alfred Thompson (ténor), Roman Filio (alto), Irving Acao (ténor), Rafael « Jimmy » Jenks (ténor),
Violon : Ariel Sarduy, Humberto Legat, Pierre Blanchard, Claire Merlet,
Alto : Gerardo Garcia, Javier Filiu, Silvio Duquesne, Rogelio Martinez, Hugo Cruz, Jose Maron, Angel Zaldivar, Alfonso Pacin,
Violoncelle : Roberto Herrera Diaz, Enrique Navarro Galces, Roy Avila, Arelis Zaldivar, Jean-François Ott.