Fabrication et évolution de l’instrument
La naissance des clefs mécaniques

Le principe des clefs de tension mécaniques des congas d’aujourd’hui est relativement moderne. Comme les tambours Yuka, Makuta et Bembé, leurs prédécesseurs, les membranes en peau de mule ou de vache étaient attachées au corps du tambour par des clous à tête. Pour l’accorder, le percussionniste devait tenir la peau près d’une flamme afin que l’humidité s’évapore.
L’accastillage métallique est devenu répandu au milieu des années cinquante. Ce système a permis d’accorder le tambour en temps réel et de se rapprocher du piano et de la basse grâce à une meilleure précision de réglage de la tension.
On a longtemps pensé que le conguero (joueur de congas) Carlos « Patato » Valdéz était l’inventeur du système de tension à clefs. Actuellement on pense que ce système a été inventé à Cuba par les frères Vergara dans les années quarante. Le « V » des coquilles souvent repris par différents manufacteurs d’instruments serait la première lettre de leur nom utilisé comme logo.

L’ère Latin Percussion Inc.
C’est en 1956 qu’un jeune ingénieur mécanicien et un photographe nommé Martin Cohen se rendent au célèbre club de jazz Birdland de New York. Cohen peut y apprécier des percussionnistes tels que Candido Camero et José Mangual qui devient vite une source d’inspiration pour Cohen.
L’embargo commercial imposé par le gouvernement américain à l’encontre de Cuba a entrainé une pénurie de bons instruments aux États-Unis. C’est cet obstacle mêlé à sa passion pour la percussion qui a inspiré à Martin Cohen son premier instrument. C’est en utilisant les photos de bongos de Johnny Pache comme modèle qu’il a créé son premier prototype.
La marque Lp était la première à proposer une tumbadora relativement authentique à une échelle industrielle. La forme est restée plus ventrue que le modèle cubain. Le succès et la fabrication en série d’instruments de percussion à moindre coût ont entrainé la disparition des petits constructeurs mais ont permis une large diffusion des instruments et en particulier la tumbadora.

La fibre de verre
L’utilisation des nouvelles technologies par Lp puis par d’autres fabricants américains a révolutionné non seulement la fabrication des tumbadoras mais également leur sonorité et donc par voie de conséquence la technique de jeu elle-même. Elle a permis par exemple d’en accorder plusieurs entre elles et de les régler beaucoup plus aigües.
La première paire de congas en fibre de verre aurait été inventée par un chef d’orchestre du nom de Sal Guerrero. Celui-ci souhaitait des instruments plus solides, capables d’une projection sonore plus importante et d’une plus grande capacité en volume sonore pour le jeu en très grande formation d’orchestre. La rumeur veut que ce soit le percussionniste Armando Peraza qui aurait non seulement conseillé pour la création mais qu’il aurait été le premier à jouer sur des congas en fibre. Elles auraient été créées en 1949.
Il a fallu attendre 1995 pour qu’une nouvelle révolution apparaisse. Après le corps en matière synthétique, on vit apparaitre à cette période la première peau synthétique.
Assez mal reçues par les percussionnistes au début, celles-ci jouissent d’un véritable succès aujourd’hui, se rapprochant de plus en plus de la qualité de leurs ancêtres en matière organique sans les égaler tout de même.
Néanmoins leur facilité de montage, leur insensibilité aux changements climatiques, leur solidité, leur résistance au temps en font des best-sellers des ventes tant et si bien qu’aujourd’hui plusieurs marques se sont emparées du créneau.
