
1. Tu as écrit une quantité impressionnante de recueils de rythmes et de chants afro-cubains. Qu’est-ce qui t’a incité à mettre sur le papier une telle somme de connaissances ?
J’ai commencé en 1987 avec Justo Pelladito à l’Havane à apprendre la percussion Afro-Cubaine. De là, j’ai eu la chance de continuer mes études avec Tomas Ortiz ’Panga’, Buenaventura Bell, Milan Galli à Santiago de Cuba.
Quand j’ai rencontré Julio Davalos en Suisse 1992 pour la première fois, je me suis rendu compte que j’étais qu’au début de mon chemin.
Julio Davalos ’Awo Chadée’, Santero, tamborero, cantante y bailarin m’a élu en 1992 comme son élève et m’a enseigné depuis là.
Pendant ce temps, j’ai écrit les livres de Bata : Oru Seco et Toques especiales. Julito et moi avons aussi rédigé les livres de la percussion Afro-Cubaine : Percusion Afro-Cubana, vol 1 et vol 2.
En 1999, j’étais initié pendant trois jours comme tamborero à l’Havane dans la maison de ’Irete fili’, mon padrino de ceremonia.
Je suis ’Omo aña ewue osain piti kaga oshe ni lobe’.
Mon nom est Otruponka. Les santeros et les tamboreros m’ont élu comme leur "investigador". Dés ce jour, j’ai commencé à écrire les chants religieux et profanes de la musique folklorique Afro-Cubaine.
2. J’ai lu sur ton site que tu es « autorisé » à enseigner par le Conjunto Folklorico Nacional. Pourrais-tu rappeler à nos lecteurs ce qu’est le Conjunto Folklorico Nacional ?
Le Conjunto Nacional Folklorico de Cuba fut fondé en 1962 par des danseurs, musiciens et chanteurs professionnels.
L’intention du Conjunto était d’apprendre des différents cabildos comme le cabildo Arara et puis de conserver, d’enseigner et de présenter la tradition folklorique cubaine.
3. Que signifie : « autorisé » à enseigner par le Conjunto Folklorico Nacional ?
Après mes études j’ai reçu la permission du Conjunto d’enseigner la percussion et les chants Afro-cubains.
4. Comment as-tu choisi le contenu de tes livres ?
Je n’ai pas choisi, c’était ce que je devais faire. C’est à dire apprendre et conserver les rythmes et chants de la forme la plus authentique.
5. Dans le livre Musica Folklorica volume I, consacré aux rythmes du folklore afro-cubain, on trouve des rythmes dont personne ne parle jamais comme le rythme congo « Triallo » que je ne connaissais pas ? Comment as-tu appris ce genre de rythmes très rares ?
Par le contact avec les maitres de la percussion. "Triallo" est une autre forme de Palo Monte.
6. Dans tes livres tu écris toutes les partitions à la main. Pourquoi ?
J’écris plus vite à la main.
7. Peux-tu nous parler de tes professeurs et en particulier de Julio Davalos dont tu sembles très proche ?
Tous sont des maitres professionnels et m’ont appris les bases de la musique folklorique. Julio Davalos est mon frère et "mon padrino de tambor".
8. Tu as également deux doubles cédés sur les tambours batà. Dans quelles conditions se sont réalisés ces deux cédés ?
C’était dans la ferme de mon ami Thomas Meyer à Berne en Suisse. Il nous a enregistré, Julio et moi, pendant plusieurs semaines.
9. Ce sont un bon complément des livres mais personnellement je regrette que tu n’ais enregistré que les batà. Pourquoi ne pas avoir enregistré les autres répertoires qui figurent dans le volume I/ Musica Folklorica ?
Je n’ai pas eu l’argent. Ce serait génial si je trouvais un sponsor. Ainsi je pourrais enregistrer le tout.
10. J’imagine que l’écriture de tes livres n’est pas ton unique activité ? Peux-tu nous parler de tes autres activités et projets ?
J’ai ma propre école de percussion. J’enseigne la percussion Afro-Cubaine et le Solfège Rythmique par D. Agostini.
Je suis le directeur musical de mon groupe ’Okantomi’ auquel j’enseigne la percussion et les chants Afro-Cubains. Je donne des workshops. Je travaille avec des groupes qui veulent apprendre à jouer la Salsa etc.
Je joue avec plaisir la guitare, du blues, des chansons de mes héros comme B.B King, Crosby, Stills, Nash & Young, the Band , Joni Mitchell, Grateful Dead etc.
11. Y a-t-il une question que tu aurais aimé que je te pose et que je ne t’ai pas posée ?
Non, mais une question qui m’intéresse : pourquoi ne faisons pas des workshops ensemble ?
Le site officiel d’Adrian Coburg