Portraits de Salseros/as II : le retour ! 
par Jack "el Oso"

Deuxième volet d'une série à succès

Toute ressemblence avec des personnages existants est une pure coïncidence. Cet article est à but strictement humoristique et ne vise à offenser personne. Si vous vous reconnaissez dans l'un des personnages décrits, l'association ne peut donc être que le fruit de votre imagination.

 

Le Boys Band

Vous pensiez, comme moi, que la Salsa était une danse de couple. Eh bien vous avez tort. Le Boys Band en est la preuve vivante. En effet, même s'il arrive aux membres du Boys Band de danser en couple, ils le font de mauvaise grâce, car pour eux, LEUR salsa ce n'est pas ça. Consititué au minimum de trois membres, le Boys Band danse en ligne, en exécutant une chorégraphie des plus rudimentaires, assortie de coups de hanches et autres gesticulations sorties tout droit d'un cours d'aérobic, ce qui va d'ailleurs fort bien avec leur accoutrement. Le Boys Band danse bien entendu pour un public, généralement constitué d'un mélange de touristes et de jeunes filles redoublant leur Terminale, et pour être mieux vu, il se produit en bord de piste, voire même à côté du bar, empiétant allègrement sur les plates-bandes du Roi de la Piste, qui les déteste donc cordialement. Dans certains clubs à forte coloration touristique, les gérants vont jusqu'à payer un Boys Band pour entrainer les troupeaux de touristes fréquentant leurs locaux dans l'exécution collective de leur chef d'œuvre chorégraphique, sur Follow the leader ou autre Carnavalera du moment. C'est ainsi que certains professeurs de danse voient débarquer dans leur cours des gens ébahis d'avoir découvert que la Salsa se dansait à deux. Incroyable, dites-vous ? Mais c'est qu'ils sont très forts, nos amis du Boys Band: ils vont même jusqu'à persuader régulièrement des jeunes filles que la Salsa, ça se danse en position horizontale…

 

Le Dieu de la Danse

Le Dieu de la Danse, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'est pas un bon danseur. En fait, ce n'est pas un danseur du tout. En effet, n'est divinité que celui qui a des croyants; pas besoin de savoir danser pour cela. Je m'explique: messieurs, allez dans un des établissements "Salsa" situés sur les Champs Elysées, un samedi soir. Attendez deux ou trois heures, le temps que le DJ mette une Salsa, et invitez votre partenaire (que vous aurez pris le soin d'emmener avec vous) à danser. Faites un petit pas de base. Voilà, comme ça. Et maintenant, faites lui faire un tour. Lentement. Bien. Maintenant, continuez votre pas de base, et refaites-lui faire un tour, dans l'autre sens. Stop ! Voilà. Félicitations, vous êtes désormais un Dieu de la Danse. Mais SI, regardez autour de vous: voyez ces yeux écarquillés, ces visages émerveillés, et ce jeune banquier qui dit à son collègue de bureau "T'as vu ? Ils daaaaansent !!!" C.Q.F.D.

Le Dieu de la Danse fréquente donc exclusivement ce type d'établissement, car ailleurs il passerait pour un débutant pas très doué. Ces établissements étant fréquemment bondés, Le Dieu de la Danse est souvent obligé, pour attirer l'attention sur lui, de pousser des exclamations ressemblant fort à des aboiements, voire de taper du pied énergiquement sur la piste. Il attire bien entendu l'attention de tous, y compris des gérants des établissements concernés qui, connaisseurs de Salsa qu'ils sont, ont vite fait de le charger d'y donner des cours.

Il faut néanmoins louer les efforts du Dieu de la Danse, qui fait un formidable travail de vulgarisation de la Salsa auprès du grand public, presque autant que le film du même nom sorti récemment… dans lequel il a joué, bien entendu, claironne-t-il à qui veut l'entendre -on l'aperçoit entre deux pots de fleurs, au fond, pendent une demi-seconde… Moi, je dis que ça mérite un Oscar… de León.


L'organisme multicellulaire complexe

Comme ça, au premier abord, on dirait tout simplement un groupe d'amis qui sortent souvent ensemble. Mais observez-les bien: déjà, lorsque vous arrivez dans une soirée, et que vous voyez l'un d'eux, vous pouvez être sur que tous les autres sont là. Et ça ne rate jamais. Non seulement ils sortent tous ensemble, mais ils arrivent aumême moment, et partent en même temps. Et pendent la soirée, ils poussent le vice jusqu'à danser tous ensemble, en cercle, en faisant tous les mêmes mouvements au même moment, ce qui n'est qu'une preuve de plus de leur appartenance à un seul et même organisme.

On a du mal à les croire quand ils disent ne pas habiter tous ensemble, et des rumeurs folles circulent même sur leur vie intime. Comment ? Vous ne voyez pas ? Eh bien, imaginez-les tous en cercle, et l'un d'eux criant "¡sesenta y nueve!", et hop… Bref, voilà, ils font tout collectivement. D'ailleurs, si par un invraisemblable hasard, l'un d'entre eux est amené à sortir seul, il erre, perdu et solitaire, avec cet air terne et désemparé au fond des yeux. Seuls, ils n'existent plus. Ils n'existent qu'en groupe. Alors c'est ça, le Socialisme Tropical ?


Gargamel

Gargamel est ainsi nommé en raison de la sympathie qu'il inspire à tous, à l'instar du personnage de bande dessinée du même nom. Le Gargamel de la Salsa est soit propriétaire, soit gérant d'un établissement organisant des soirées Salsa. On pourrait croire que pour ce type d'activités, il faut avoir un minimum de sens du commerce et d'amabilité. DU TOUT. Voyez Gargamel: antipathique, sournois, radin, le sourire vicieux et l'oeil lubrique, arrogant avec la clientèle, terrorisant son personnel, il est l'antithèse de tout ce que la Salsa véhicule comme esprit. Il faut dire qu'il s'y connaît autant en Salsa que moi en paléantologie du Jurassique. Dinosaure des boites de nuits parisiennes, Gargamel a d'ailleurs accueilli toutes sortes de soirées dans son établissement, en fonction de la tendence du moment, dans le seul et unique but de s'en mettre plein les poches le plus rapidement possible. La Salsa étant dans l'air du temps, il s'est mis à la Salsa. Ce qui ne l'empêche pas de faire de grands discours sur cette dernière, d'organiser des concours en s'invitant dans le jury, voire de suggérer des morceaux au DJ. Son personnel, sous-payé et humilié au quotidien, est las et irritable. D'ailleurs, Gargamel en change comme de chemise, mettant des gens à la rue au gré de ses humeurs et de ses histoires de c… Bref, voilà, Gargamel, c'est méchant du film. Et Zorro ? Ben on l'attend toujours.