Portraits de Salseros/as - 3e partie

Après Portraits 1 et Portraits 2, Jack laisse la plume
aux membres du Forum Paris Salsa pour quelques portraits de leur cru

Toute ressemblence avec des personnages existants est une pure coïncidence. Cet article est à but strictement humoristique et ne vise à offenser personne. Si vous vous reconnaissez dans l'un des personnages décrits, l'association ne peut donc être que le fruit de votre imagination.

Auteur: MCSalsaGirl

Le Danseur-qui-ne-sourit-jamais

On le voit dans toutes les soirées salsa parce que la salsa il adore ça. Mais le problème c’est qu’ça s’voit pas : machoires serrées, sourcils froncés, rien à faire pour le dérider. Il enchaîne les passes sans la moindre conviction. La musique il ne la ressent pas, les paroles il ne les écoute pas, ses partenaires il ne les regarde pas… Quelques danseuses prenant pitié pour son air déprimé l’invitent à danser. Mais la plupart préfèrent l’éviter et inviter quelqu’un de plus gai…

 

La Star

La Star pourrait être une vraie star, car elle danse bien. Pourtant, ne la cherchez pas dans les troupes ou les spectacles : en vraie star, elle se fait rare. Oh certes, elle est courtisée par toutes ces troupes, mais ça ne l'intéresse pas, ils ont dû se faire une raison.

Contrairement au Roi de la Piste, la Star danse sur la piste car elle se plaît à croire qu'elle est tellement connue que les gens autour d'elle s'arrêteront de danser, ou se rapprocheront, pour l'admirer. Elle vérifie d'ailleurs que tout le monde la regarde dès qu'elle esquisse le premier pas de base, et à la fin de chaque mesure.

La Star ne regarde pas son partenaire, elle regarde son public. Il n'est d'ailleurs pas rare qu'elle entame une conversation avec des admirateurs restés sur le bord de la piste sans plus se préoccuper de son partenaire, qu'elle laisse guider de façon détachée, genre "je maîtrise tellement".

La star ne sourit pas non plus – elle cultive son mystère et elle est consciente de son rôle et de sa position.

Si vous avez osé l'approcher, timide, pour la complimenter et lui demander où elle a pris ses cours, elle acceptera peut-être vos éloges en vous gratifiant d'un sourire condescendant, vous expliquera que chez elle, c'est inné, qu'elle a tout appris toute seule en quelques semaines, et que la plupart des autres danseuses la copient.

Mais ne vous aventurez pas jusqu'à l'inviter à danser : la star ne danse qu'avec des danseurs ou danseuses de son niveau et ne se compromet pas avec des débutants ou même des intermédiaires. Elle choisit ses partenaires elle-même. Au cas où un impresario passerait juste à ce moment…
 

Auteur : Copacubana

La salsera fraîchement revenue de Cuba

Elle vient de passer plusieurs jours à Cuba où elle s'est complètement lâchée :
là-bas, copiant les Cubaines, elle a laissé tout d'un coup tous ses complexes au
vestiaire et a subitement découvert
- qu'elle avait un derrière qui pouvait remuer aussi vite qu'un ventilateur,
- qu'elle aimait boire le rhum pur,
- qu'elle pouvait se faire des amis cubains (masculins bien sûr) à une rapidité stupéfiante.

Facile à reconnaître, elle ne parle que de Cuba depuis qu'elle est revenue en France,
crie haut et fort que son séjour était génial (bien sûr elle ne parle pas des cucarachas (énormes cafards) qu'elle a rencontrés jusque dans sa valise, de la tourista qui l'a couchée 2 jours, des "SUAVE" qu'on lui a balancé à la figure quand elle se déchaînait sur la piste de danse...) et s'octroie le droit de donner des leçons à tous les danseurs de salsa français qu'elle rencontre.

Si vous la regardez danser un moment, vous la verrez certainement faire une tentative de tembleque ratée, devant un danseur ahuri (mais qu'est-ce qui lui prend, à ma danseuse ?).
Enfin, elle tente désespérément d'attirer l'attention des danseurs cubains vivant à Paris, car elle aimerait bien danser avec eux et retrouver les sensations "de là-bas".

 

Le Ruedamaniaque

Piste de danse bondée ou pas, le Ruedamanique veut faire une rueda.

Salsa colombienne, portoricaine, cubaine, africaine, japonaise... peu lui importe,
pour le Ruedamaniaque toutes les musiques sont bonnes pour une rueda.

Dès que la musique démarre, le Ruedamaniaque va racoler quelques amis pour former une rueda, et même si les-dits amis préfèreraient danser tranquillement en couple, il va insister jusqu'à ce qu'ils cèdent.

Bien sûr, le Ruedamaniaque décide que c'est lui qui conduira la rueda. Il commence à lancer des noms de figures que personne ne connaît; peu lui importe, il danse mais maugrée parce que les autres n'ont pas suivi (il leur dit même : vous n'aviez qu'à me regarder et faire pareil !). Avec agacement, il est obligé de faire plusieurs pas de base casino en attendant que les autres le rattrappent.

Il annonce une figure dont il se rappelle le nom… mais plus les pas ! Là, troublé, il annonce 4 fois de suite un "enchufla doble" car subitement l'inspiration lui manque. Il en vient même à sortir du rythme...

Puis il retrouve son inspiration. Subissant l’effet de sa libido, il annonce une série de yogurt, pancake, enchufla y tocame la pinga, bacunala…jusqu’à ce qu’il voie venir une danseuse " coincée ". Là il passe au " Dame ".

Vient le moment où il entend la fin de la chanson arriver. Pour conclure la rueda, il annonce fièrement un "sientala"... qui arrive deux mesures trop tôt. Il ne se démonte pas, car déjà s'enchaîne une autre salsa. Pas question de laisser partir les participants de la rueda, il se remet à annoncer des figures sans laisser aux autres le temps de souffler.

Vous l'avez compris, le Ruedamaniaque ne s'arrête jamais. N'entrez jamais dans sa rueda !


Le DJ salsero

Le DJ salsero est, comme son nom l'indique, DJ ET danseur de salsa. Et justement c'est là le hic, car il ne peut pas à la fois danser ET être aux consoles.
Alors le DJ salsero ruse. Pour cela, 2 solutions s'offrent à lui :

- il reste aux consoles mais n'hésite pas à s'agiter tout seul dans sa cabine au son de ses musiques préférées, les écouteurs sur les oreilles (certains DJ salseros vont même jusqu'à chanter ou faire du playback). Les danseurs voient donc de loin une sorte d'extra-terrestre casqué qui s'agite dans un bocal en ouvrant la bouche.
- il choisit des salsas qui durent 10 mn minimum. Il consacre la 1ère minute de la chanson au mixage, puis il va chercher une danseuse. Evidemment, comme la musique a démarré depuis un petit moment, les meilleures danseuses ont été prises d'assaut, donc son choix est limité.
Il parvient à danser un moment, puis il abandonne sa danseuse, en général après lui avoir fait une bise ou un baise-main (*). Il lui reste alors 2 mn pour se dépêcher à choisir un autre disque et l'enchaîner avec celui qui est en train de passer.

(*) Le DJ salsero s'imagine en effet qu’à la bourse mondiale de la salsa féminine, un bisou est autant coté que 3 mn de salsa. Et là, il a tout faut…

 

Le Timide

Le Timide est un fana de salsa et sait danser. Mais son problème, c'est qu'il n'ose pas se lancer sur la piste.
En général, le Timide arrive le premier à la soirée et choisit de s'asseoir dans un coin retiré, mais qui lui permet de bénéficier d'une bonne vue sur la piste. Lorsque les danseurs arrivent et commencent à "salser", le Timide reste là, béat, à les admirer, car forcément, pense-t-il, ils sont bien meilleurs que lui.
Au bout de 2 heures passées à rester assis, le Timide craque : son envie de danser est finalement plus forte que sa timidité. Mais il va falloir qu'il invite une fille...
Après avoir longuement hésité sur le choix d'une danseuse (il a d'ailleurs fait 5 fois le tour de la piste), le Timide se décide à en inviter une qui, pas de chance, lui dit non.
Dépité, le Timide se rassoit. Une longue heure après, il tente sa chance auprès d'une autre fille qui cette fois lui dit oui. Tout surpris, il bafouille qu'il est en train d'apprendre à danser la salsa, qu'il n'a pas un grand niveau et qu'il ne connaît pas beaucoup de passes. Le Timide commence à danser en tremblant, et pendant toute la 1ère moitié de la danse, il n'arrive pas à faire autre chose que le pas de base.
Enfin il se décide à faire une figure, mais bien sûr il se plante. Le Timide se confond en excuses, rouge de honte.
La danse laborieusement terminée, le Timide remercie 20.000 fois sa danseuse d'avoir accepté de danser avec lui, qui n'est qu'un salsero nullissime, alors qu'elle, elle est une super-experte (et le Timide pense cela même si la danseuse est nulle).

Vous ne les trouvez pas attendrissants les salseros Timides ? Encourageons-les !

 

Le bon danseur gentil -

C'est le préféré de toutes les danseuses. Non seulement c'est un grand bonheur d'être guidée par lui, mais en plus il est super-sympa. Dès qu'il danse, un sourire lumineux apparaît sur son visage. Il est ADORABLE.

Le bon danseur gentil n'a jamais le droit de s'asseoir, même s'il est fatigué. Dès qu'il est seul et se dirige vers une chaise, il est immédiatement repéré par une danseuse qui vient l'inviter. Et comme il est gentil, il ne dira pas non à son invitation.

Le bon danseur gentil n'a jamais le droit non plus de choisir une danseuse qui lui plaît si celle-ci se trouve loin de lui. En effet, pendant le trajet qui va le rapprocher d'elle, le bon danseur gentil va immanquablement se faire "happer" par une autre danseuse (en générale moins douée que celle qu'il visait). Et comme il est gentil, il accepte.

Bref, comme vous pouvez le constater, la vie d'un salsero bon danseur et gentil n'est pas toujours rose...

 

L'Inconditionnelle Des Quais -

(par commodité, nous l'appellerons l'IDQ)


L'IDQ ne vit que l'été. La préoccupation majeure de sa semaine est de savoir si une soirée sur les quais sera organisée, et quel(s) jour(s) (De toutes façons, l'IDQ emporte toujours avec elle ses-chaussures-et-sa-jupe-qui-vont-bien-pour-danser, et sa bouteille d'eau, au cas où).

Première étape : l'IDQ consulte la météo de la semaine, afin de connaître ses chances. Si on n'annonce pas une température de - 20°, ni une tornade, ni une inondation, elle y croit ! Elle passe alors à la 2è étape.

2è étape : l'IDQ attend de recevoir un mail de Parissalsaquais ou de Dos con Dos (car bien sûr elle s'est inscrite AUX DEUX mailings-lists des quais). L'IDQ consulte quasi en temps réel sa boîte aux lettres électronique, et par sécurité, elle se connecte aussi sur ces deux sites, en opérant toutes les 15 mn un "refresh" de la page qui parle des quais.

3è étape si elle ne voit rien venir : l'IDQ téléphone plusieurs fois par jour à la boîte vocale de Dos con Dos ET à celle de Marco, au cas où les mailing-lists n'auraient pas fonctionné ou que les sites ne soient pas à jour.

4è étape : s'il fait beau, qu'il est 17 heures et que toujours rien n'est annoncé, L'IDQ lance un appel désespéré sur le forum Parissalsa ET sur le forum Parissalsaquai.

Supposons que l'IDQ sache enfin qu'il y a une soirée quai. Elle jubile... tout en espérant secrètement qu'il n'y aura pas trop de monde aussi malin qu'elle pour avoir déniché l'information (car les quais, c'est quand même mieux quand y'a pas foule).
L'IDQ se rend sur les quais 15 mn avant l'heure officielle, pour être sûre de pouvoir se garer pile en face de l'arène.

Vient la soirée, c'est le nirvana. S'il pleut, pas de problème, l'IDQ continue de danser comme si de rien n'était (elle a trouvé un danseur aussi IDQ qu'elle).

A la fin de la soirée, l'IDQ remercie minimum 4 fois le DJ-organisateur (pour l'encourager... car elle espère bien qu'il remettra ça au plus vite).

L'IDQ rentre chez elle en se disant "A bas l'hiver".

 

Le radin

C'est un principe chez lui : il ne dépensera pas le moindre centime pour danser la salsa.

D'abord, pour apprendre les bases de la salsa, il a fait tous les cours d'essais gratuits de toutes les écoles de danse de sa région.
Une fois cette solution épuisée, il a appris par personne interposée, c'est-à-dire qu'il s'est lié d'amitié avec un élève très régulier d'un cours, et celui-ci lui apprend des passes en privé.

Il ne va danser que dans les endroits où l'entrée est libre et où ni vestiaire, ni boisson ne sont obligatoires. Il emmène sa bouteille d'eau dans son sac de sport et quand il a soif, il se planque dans un coin de la salle pour avaler furtivement une gorgée d'eau.
Quand un de ses endroits préférés devient payant, il hurle son mécontentement sur le forum parissalsa... et ne remet jamais les pieds dans l'établissement en question.

Quand il va à la Coupole (100 F l'entrée), c'est parce qu'il a gagné une invitation gratuite avec Radio Latina ou Cityvox. Dès 22 heures il y est, et fait le pilier de bar pendant l'Happy Hour.

Le summum pour lui, ce sont les soirées sur les quais. Non seulement c'est gratuit, mais il peut boire les boissons apportées par les autres (bien sûr, lui n'en amène jamais).

Bref, si vous êtes un Gargamel, ne comptez pas sur lui pour faire prospérer vos affaires...

 

 

La Machine à Danser

La Machine à Danser danse la salsa tous les soirs de la semaine ; et le dimanche, si elle peut cumuler un après-midi ET une soirée de salsa, elle est contente.

Dès la 1ère seconde du 1er morceau de musique, avec ou sans danseur, la Machine à Danser se jette sur la piste et se donne à fond, comme si elle n’avait pas dansé depuis 10 ans.

La Machine à Danser enchaîne danse sur danse, même si la musique ne lui plaît pas. Si la piste est bondée, elle trouvera quand même 3 cm2 pour gigoter, quitte à jouer un peu des coudes.

Lorsqu’elle sent une toute petite fatigue venir, elle se vexe intérieurement et danse de plus belle. Non, ça, jamais la Machine à Danser n’ira s’asseoir, c’est une question d’amour-propre.

La Machine à Danser ne s’arrête jamais pour boire (ce serait du temps de danse gaspillé). Elle n’en a pas besoin, car avant de venir danser elle a bu 4 litres d’eau pour ne pas tomber raide morte de déshydratation.

En fin de soirée, les autres danseurs, usés, la regardent en se demandant : " Mais elle est montée sur pile ou quoi ? "

Quand le DJ arrête la musique, La Machine à Danser ne comprend pas. Elle ne s’est pas rendu compte qu’il n’y a plus qu’elle sur la piste et qu’il est 5 h du mat.

Précision : La Machine à Danser ne commence jamais sa journée de boulot avant 11 h 30…

 

Le Blasé

Le Blasé n’arrive plus à trouver un cours de salsa qui lui plaise : il a suivi les cours de toutes les écoles, a pratiqué tous les styles de salsa, a répondu présent à tous les stages et a visionné toutes les vidéo salsa du Web.

Selon lui, aucun professeur n’est à la hauteur. Quand on lui parle d’un nouveau prof, il le critique déjà alors qu’il ne le connaît pas encore. Pourtant, le Blasé va quand même aller tester son cours, histoire de pouvoir le critiquer un peu plus devant ses élèves.

Quand il assiste à une démonstration de salsa faite par des danseurs hyper-doués, le Blasé va s’approcher de spectateurs admiratifs et leur dire que les danseurs n’étaient pas bien en rythme, qu’ils n’ont rien fait de vraiment nouveau, qu’ils n’ont pas une bonne technique ou que leur tenue vestimentaire ne casse rien, et qu’il a vu beaucoup mieux à PortoRico ou à Cuba.

Le Blasé n’achète plus de disques de salsa, car toutes les musiques se ressemblent et tous les chanteurs ont le même type de voix.

Le Blasé a dansé dans tous les endroits salsa possibles, mais aucun ne lui plaît vraiment. Quand il repère un client " régulier " d’une boîte salsa, il va lui demander dédaigneusement pourquoi il vient ici toutes les semaines, qu’est-ce qu’il peut bien trouver à cet endroit où la piste est petite, où il fait chaud, où le DJ est nul, où les danseuses ne savent pas bouger, où la musique l’endort etc… Lui connaît des endroits bien plus agréables à Rome en plein air.

Quand il va danser, le Blasé n’est jamais content :

  • soit il y a trop de monde, soit il n’y en pas assez,
  • soit il fait trop chaud, soit la clim le fait frissonner,
  • soit le son lui casse les oreilles, soit il n’entend pas la musique
  • soit la parquet glisse, soit ses semelles s’accrochent sur le sol…

Mais… pourquoi ne se met-il pas au tango argentin ?

La Transsexuelle

Si, si, si, c’est un fille, je vous assure. Remarquez, on pourrait franchement s’y tromper : contrairement aux autres individus de son sexe,

  • La Transsexuelle n’accorde pas le moindre regard aux danseurs masculins sans partenaire
  • La Transsexuelle a retenu le nom de toutes les passes (en cela, sa mémoire est largement supérieure à celle des représentants du sexe opposé)
  • La Transsexuelle ne ressemble en rien à la Salsera Sexy et Canon (elle porte toujours des pantalons informes)
  • La Transsexuelle est hyper-concentrée et ne dit pas un mot en dansant
  • La Transsexuelle danse avec une autre fille.

Dans son passé, lorsqu’elle prenait des cours de salsa, la Transsexuelle était systématiquement celle qui faisait fuir les garçons (on n’a jamais su pourquoi). A force d’être seule, résignée (et surtout pour se passer le temps pendant les cours), la Transsexuelle s’est astreinte à apprendre les pas en fille et en garçon.

Une fois " adulte " en salsa, la Transsexuelle s’est lancée dans les soirées, mais là, horreur, le supplice a continué, toujours pas d’invitation de la part de ces messieurs (et on n’a jamais su pourquoi non plus).

Comme elle n’est pas du genre à se morfondre, la Transsexuelle a pris le taureau par les cornes et a décrêté que désormais, elle serait Danseur.

Souvent, la Transsexuelle s’obstine à danser en rueda, ce qui en perturbe beaucoup le déroulement : les danseuses " normales " tombant sur elle après un " Dame " ont subitement un doute (me serais-je trompée ?, se disent-elles). Le pire, c’est le " ocho " après le " al medio " : là, plus personne ne sait où il habite, qu’il soit danseur ou danseuse.

Si par bonheur (ou malheur ?), un danseur (un vrai) invite la Transsexuelle, il s’en souvient toute sa vie, ou plutôt, ses bras s’en souviennent. En effet, la Transsexuelle a perdu l’habitude de se faire guider (en fait, elle n’a jamais su ce que c’était) et oppose donc une résistance forte, quoique inconsciente, aux initiatives du danseur. D’ailleurs, la Transsexuelle ne ressent aucun plaisir à danser avec le sexe opposé, elle qui a l’habitude de décider de tout.

Mais rendons à la Transsexuelle ce qui est à la Transsexuelle : elle contribue à l’équilibre des soirées et permet aux filles en sur-nombre de faire moins tapisserie. C’est donc un être louable, en général de bonne volonté, et surtout, indispensable à la survie de l’espèce Salsera.

 

La salsera de Province

La Salsera de Province se sent seule. A chaque fois qu’elle se connecte sur le forum parissalsa, elle a un petit pincement au cœur. On y parle souvent de la Pach, des quais, de la casa et autres lieux qui restent pour elle des noms obscurs qui n’évoquent rien. Tout cela est si loin !

Dans le meilleur des cas, si elle habite une grande ville, la salsera de Province peut danser dans une seule boîte de nuit (située à 50 km) qui propose une soirée salsa une seule fois par semaine. Et c’est là qu’elle mesure tout l’écart qu’il peut y avoir entre Paris et la Province, car attention, en Province, une soirée salsa, ça veut dire 25% de salsa, 50% de zouk et 25% de disco-latino.

Et dans la " soirée salsa ", elle retrouve systématiquement les 3 seuls danseurs de la région qui connaissent cette danse. Et elle va passer la soirée à faire les 10 mêmes passes qu’ils connaissent à eux 3.

Alors au bout d’un certain temps, la salsera de Province décide de salsifier sa région. Elle crée une association où elle va donner des cours de salsa. Tâche non aisée car elle-même ne connaît que 15 passes, donc son répertoire va être vite épuisé. Qu’à cela ne tienne, elle ira à la Capitale suivre un maximum de stages, quitte à y consacrer tous ses jours de RTT.

Motivée, la salsera de Province fait même venir un professeur de La Capitale pour un stage dans sa région. Elle est obligée de casser les prix et de puiser dans sa propre réserve pour financer le déplacement dudit professeur, car si elle propose un stage à plus de 50 centimes l’heure, les autochtones ne viendront pas, c’est évident.

La salsera de Province organise une fois par mois des vraies soirées salsa, où, en général, elle n’arrive pas à faire venir plus de 25 personnes… dont les 3 salseros déjà cités plus haut (c’est sûr qu’elle aurait plus de succès en organisant une soirée choucroute ou des rifles)...

La Salsera de Province est toute excitée lorsqu'elle monte à La Capitale pour un congrès de Salsa ou pour sa 1ère soirée à la Pach. Elle en prend plein les yeux sur place mais n'ose danser avec personne… car elle prend en pleine figure la faiblesse de son niveau.

Pourtant elle progresse pendant son séjour à Paris, et sur le chemin du retour, elle est décidée plus que jamais à tout péter chez elle : en plus des cours de son assoc, elle va former une troupe, donner des spectacles, multiplier les soirées... et peut-être même organiser son propre Congrès. Mais 3 jours après son retour dans son trou perdu, elle déprime.

La Salsera de Province, c'est un peu un caliméro loin de sa famille.

Au bout de 2 ou 3 ans, on ne trouve plus trace de la Salsera de Province…. Elle est montée à la Capitale.

 

Le Mufle

Le Mufle est l’opposé du Bon Danseur Gentil. Il n’a pas d’état d’âme. Non seulement le Mufle est une synthèse vivante du Danseur Fou, du Blasé, du Danseur-qui-ne-sourit-jamais, du Maestro, du Radin, des Dents de la Mer, de la Tornade et de la Star (version masculine), mais en plus il présente les stigmates suivants :

  • Quand le Mufle aperçoit une danseuse de sa connaissance, il va l’inviter sans prendre la peine de lui dire bonjour au préalable. Mais à y réfléchir, l’expression " inviter " n’est pas du tout appropriée : le Mufle ne demande pas son avis à la danseuse, il lui prend la main et l’amène d’office sur la piste.
  • Si le Mufle sait que sa danseuse préfère la salsa cubaine, il lui impose la portoricaine (ou vice-versa).
  • Si une fille a le malheur d’inviter le Mufle, le Mufle va la déshabiller du regard, la jauger de haut en bas, et s’il juge qu’elle n’est pas le sosie de la Salsera Sexy et Canon, il lui assène un râteau sans appel. Puis, sous les yeux de la fille, il va sans complexe inviter la Salsera Sexy et Canon (enfin, inviter… cf. plus haut)
  • Lorsque l’envie de fumer le prend, le Mufle va se planter au bord de la piste, allumer sa clope et asphyxier les pauvres salseros en œuvre qui ont le malheur d’être à côté de lui. Remarquez, l’expression " au bord de la piste " n’est pas non plus appropriée, car le must pour le Mufle, c’est de trouver un autre Mufle avec qui fumer et discuter, et le meilleur endroit pour cela, c’est bien sûr le milieu de la piste, là où les non-Mufles se démènent.
 

Le Mufle est lunatique et redoutable. Il peut très bien avoir royalement ignoré pendant un an une danseuse qu’il voyait chaque semaine sur les pistes, et un beau jour, la considérer comme la meilleure proie de la soirée (cf. les Dents de la Mer). La particularité du Mufle, c’est qu’il a mis au point sa technique de drague en s‘inspirant d’un autre animal : le python (il étouffe peu à peu sa proie). Démonstration : le Mufle danse une première fois avec la fille, et quand la musique se termine, il maintient sa main dans la sienne, ne lui laisse pas la plus infime chance d’être invitée par un autre danseur, et enchaîne danse sur danse. Si la fille prétexte qu’elle est fatiguée et va s’asseoir, il va s’installer à la même table qu’elle et lui tenir la conversation sans la laisser parler. Si la fille fuit aux toilettes pour respirer un peu, il va l’accompagner jusqu’à l’entrée et guetter sa sortie. Seule issue pour la proie : asséner à son tour un râteau mortel en lui disant qu’elle est mariée au Roi de la Piste.

La race du Mufle, contrairement à celle de la Transsexuelle, n’est pas indispensable à la survie de l’espèce Salsero. Si vous en rencontrez un troupeau, vous pouvez l’exterminer… sans état d’âme.

 

La Chasseuse

La chasseuse se décline en deux types : la Chasseuse-dragueuse et la Chasseuse-danseuse. Nous passerons rapidement sur le premier type. La Chasseuse-dragueuse a appris à danser la salsa dans un unique but : avoir des atouts pour séduire et se taper un maximum de salseros. Vous pouvez aisément imaginer son portrait.

Observons le spécimen du 2ème type, dont le comportement est beaucoup plus riche et intéressant, et que nous appellerons par commodité la Chasseuse (tout court).

La Chasseuse est souvent plutôt bonne danseuse, mais elle ne se fait jamais inviter par un garçon. Et pour cause, c’est elle qui invite. Toujours. En effet, la Chasseuse ne veut pas dépendre du bon vouloir de ces messieurs, car elle ne supporte pas de voir les autres filles danser alors qu’elle-même fait tapisserie.

La Chasseuse est calculatrice. Lorsqu’elle arrive dans une soirée, son ordinateur interne évalue immédiatement la quantité de danseurs invitables (c’est-à-dire bons danseurs -tant qu’à faire, puisque c’est elle qui les choisit, elle ne va pas en inviter des mauvais).

  • Si le résultat de l’évaluation est inférieur au seuil de 10, la Chasseuse part œuvrer dans un autre lieu.
  • Dans le cas contraire, la Chasseuse commence… à chasser.

La proie préférée de la Chasseuse, c’est évidemment le Bon Danseur Gentil. Mais comme c’est un peu trop facile pour elle, la Chasseuse s’attaque aussi à d’autres gibiers. Certains lui donnent du fil à retordre, mais imaginez sa jubilation lorsqu’elle arrive à détourner une composante d’un Binôme !

La Chasseuse est incapable de vous dire comment les chansons se terminent. En effet, quand elle danse et sent la fin d’une salsa approcher (pour ça, elle a de l’instinct), elle se déconcentre totalement de la danse et de la musique pour se consacrer de nouveau à la chasse : elle repère sa future victime, et pour être sûre que celle-ci ne s’échappera pas, elle tire plus ou moins son partenaire du moment vers la proie, tout en continuant de danser. Technique d’approche INFAILLIBLE.

Le seul problème que rencontre la Chasseuse, c’est que certaines danseuses finissent par comprendre sa stratégie… et font pareil qu’elle. La Chasseuse est alors contrainte de changer de territoire.

 

L’évangélisateur

L’évangélisateur est dans 99% des cas un Salsolique, mais d’une espèce particulière. En effet, il a été auparavant Salsero de Province, ou bien, il a divorcé d’un Boulet, ou encore, il a vécu l’expérience suivante :

Il a été convié à une noce où tout le monde était cordialement invité à amener des disques pour la soirée. Tout content, il a pris tous ses CD de salsa, en a emprunté à la CDthèque de sa ville, et a même été jusqu’à en acheter des neufs qui n’étaient pourtant pas en promotion (dans le train, son sac de CD pesait 20 tonnes !). A la noce, vient enfin le moment où il est arrivé à convaincre le DJ de passer un de ses disques de salsa (après une argumentation de 30 mn). Il entend SA musique, se précipite sur la piste et là… le no man’s land. Tout le monde assis, sauf lui.

Quelle que soit son origine, l’Evangélisateur est quelqu’un de gravement traumatisé, mais il a décidé d’agir et d’entrer en sacerdoce. Son but dans la vie, ce sera de convertir son entourage à la religion salsa.

Mais ce n’est pas facile. Voici un échantillon des phrases qu’il a entendues de ses proches, lorsqu’il est entré en terrain vierge :

  • La salsa, c’est quoi ?
  • La salsa, c’est une danse Brésilienne ?
  • La salsa, j’ai déjà vu ça, c’est un truc qui ressemble à la Lambada
  • La salsa, c’est passé de mode !
  • La salsa ? J’vois pas du tout ce que c’est comme musique… Ah, le zouk tu veux dire ?
  • La salsa, ça se danse qu’à Cuba…

Bref, l’Evangélisateur a failli renoncer à sa Croisade. Mais ce serait oublier qu’il est de la graine des Salsoliques. Il a donc pris son courage à 4 mains et a persévéré dans sa démarche. Il a traversé des passages heureux et moins heureux.

Pour convertir son collègue du même bureau, l’Evangélisateur lui a passé à longueur de journée des CD de salsa (ceux achetés pour la noce, entre autres). Un vrai bourrage de crâne. Le pauvre collègue a été renvoyé car il n’arrivait plus à se concentrer et faisait du mauvais travail. Du coup, se retrouvant au chômage, l’ex-collègue a eu du temps libre et s’est inscrit dans un cours de salsa.

Evangélisation réussie.

Mais ça ne se passe pas toujours aussi bien. Exemple avec sa sœur : pour l’amener à un cours de salsa, il a dû attendre son anniversaire et lui dire qu’il lui offrait une soirée-surprise à cette occasion. Il avait tout prévu : le cours de salsa, le repas dans un restaurant latino, puis la soirée dansante dans un endroit sympa, intime (et latino, cela va de soi). Il n’avait pas réalisé que sa sœur était née un 31 Décembre, par conséquent, que le cours n’avait pas lieu ce jour-là, que le restaurant ne proposait pas de menus à moins de 700 F (107 euros), et que l’endroit soi-disant intime était bourré à craquer.

La sœur a eu la confirmation de ce qu’elle pensait depuis un certain temps : son Evangélisateur de frère faisait bien partie d’une secte (appelée salsa) qui lui faisait perdre toute notion de la réalité.

Evangélisation ratée.

Parfois, l'Évangélisateur a rencontré des succès plus étonnants (si si, ça lui est arrivé). Il ne faut pas croire que l'évangélisateur soit forcément un grand danseur, c'est surtout un médiateur hors pair. Il aime tellement la salsa qu'il diffuse autour de lui une constante bonne humeur et communique ardemment sur le sujet. Ses ouailles écoutent avec une certaine curiosité cet être si convaincu et n’ont qu’une envie, croire en lui et le suivre.

Il est devenu Gourou.

Lors d’une dernière évangélisation très réussie, ses nouveaux disciples ont été si pratiquants qu'ils sont devenus un organisme multicellulaire complexe fanatique et évangélisateur à son tour. D’autres nouveaux fidèles sont accourus de partout et ont assailli les évangélisateurs de questions.

" Où apprend-on ? Combien de temps pour danser (mieux que vous) ? Où sort-on ce soir ? Et demain ? Comment ça, y’a rien ce soir ? "

L’Evangélisateur-devenu-gourou n’arrive plus à fournir.

Mais… vous ne croyez pas que vous devriez l’aider ? Ce ne devrait pas être bien difficile pour vous…

La Guimauve

Vous êtes assise. Un air de salsa endiablée commence. Un charmant danseur, propre sur lui, bien sous tous rapports, vous invite. Charmée, confiante, vous le suivez sur la piste sans vous poser de questions. Et après la première passe, vous avez compris, ça y’est, vous êtes tombée sur la Guimauve.

La Guimauve n’est pas une espèce très courante dans le milieu salsa, mais elle existe (en version féminine comme en version masculine), et vous saviez qu’un jour, vous tomberiez dessus et danseriez avec.

Vous avez toujours été fascinée par la capacité qu’a une Guimauve à économiser ses gestes lorsqu’elle danse. Jamais vous n’avez vu transpirer une Guimauve, même sur une timba. C’est normal, la Guimauve ne bouge pas plus d’un muscle à la fois, et danse exclusivement en bord de piste, juste en–dessous du ventilateur (au risque de se prendre les pieds dans ceux des danseurs assis). La Guimauve peut mettre la même chemise ou T-shirt 5 soirées d’affilée, elle ne sentira pas mauvais.

La Guimauve ne danse pas deux salsas de suite, c’est trop épuisant. Curieusement vous voyez souvent la Guimauve aller prendre un verre; pourtant la déshydratation n’est pas un danger pour elle. En fait, la Guimauve fait des pauses.

La Guimauve, contrairement à ce qu’on pourrait penser, guide plutôt bien. Exception : la Guimauve ascendant Guimauve. Celle-là vous fait faire des passes, mais chaque fois, vous flottez dans le brouillard le plus complet : une setenta ? une copelia ? un sombrero ? Vous ne ressentez pas d’impulsion, vous ne savez pas si elle veut vous diriger à gauche, à droite, en avant ou en arrière… Rien, vous ne sentez rien. Si vous faites le contraire de ce qu’elle veut, la Guimauve ascendant Guimauve vous regarde sans réaction, en attendant que VOUS repreniez les rênes. Le pire, c’est quand la Guimauve ascendant Guimauve a les mains moites. Sans commentaires. Vous préfèreriez danser avec une poupée gonflable.

La danse préférée de la Guimauve dans une soirée salsa ? Le zouk.

Molle la Guimauve est, molle la Guimauve restera. A vous faire regretter le Danseur Fou. C’est pour vous dire.

 

Monsieur Propre

Comme la Guimauve, Monsieur Propre ne danse pas deux fois de suite, mais pour d’autres raisons. Son problème à lui, c’est qu’il transpire facilement et beaucoup. Il a beau ne choisir que des T-shirt légers, sans manches, qui le moulent et mettent en valeur ses superbes muscles, il n’y a rien à faire, au bout 2 minutes, il ruisselle. Et pour lui, danser avec un T-shirt mouillé est totalement inconvenant… Alors Monsieur Propre vient en soirée avec une valise : il transporte 4 serviettes-éponges, et aussi un stock de 5 T-shirts pour pouvoir se changer.

Comme la salsera Sexy et Canon, Monsieur Propre va souvent aux toilettes, mais pas pour se pomponner. Il va se laver les mains. C’est vrai quoi, à force de toucher les mains de toutes ces danseuses, il ne sait pas ce qu’il pourrait attraper comme cochonnerie.

Sur les quais, on l’identifie vite.

  • Lorsque Monsieur Propre veut s’asseoir sur les gradins, il étend d’abord un grand mouchoir sur lequel il pose son postérieur. Monsieur Propre ne veut pas risquer de tacher son pantalon (car ça, il n’en a pas d’autre en stock).
  • Entre deux danses, Monsieur Propre regarde ses chaussures et enlève la petite poussière blanche qui s’y est déposée.
  • Contrairement au Radin, Monsieur Propre ne boit pas dans les bouteilles qui sont mises à disposition, car il ne veut pas risquer d’attraper un microbe.

On se demande comment Monsieur Propre a pu se faire contaminer par le virus de la salsa…

 

Le Solo

Le Solo, homme ou femme, a toujours considéré que les Organismes Multicellulaires Complexes, les Boys Band, les Ruedamaniaques et les Binômes étaient une incongruité de la nature Salsa.

Lui, c’est seul qu’il s’éclate. La piste peut être remplie de Mufles, de Danseurs Fous, de Touristes, de Tornades et que sais-je, ça lui est égal, le Solo ne les voit pas. Parce que, quand il danse, le Solo est dans son trip. Même une salsera Sexy et Canon, fraîchement revenue de Cuba, qui fait un tembleque d’enfer à 3 cm de lui ne le trouble pas ; imaginez l’affront pour elle.

Pour s’échauffer, le Solo danse un certain temps de manière classique. Puis soudain, le voilà qui fait sa salsa à lui. Alors là, pas la peine de chercher si c’est de la cubaine, de la portoricaine, de la colombienne, ou d’un mix. Ca ne ressemble à rien de ce que vous connaissez : un bras jeté en l’air, une contorsion du buste absolument inédite, une jambe entortillée sur l’autre, un pied à la hauteur des oreilles… Mais où est-il allé chercher tout ça ?

Les salseros regardent le Solo d’un air bizarre, certains se marrent, d’autres se moquent de lui à haute voix (de toutes façon, le Solo ne voit rien et n’entend rien non plus, les railleries des autres ne vont nullement le troubler).

Et beaucoup l’envient secrètement d’être tant à l’aise et si sûr de lui sur une piste.

Le Petit-salsero-devenu-Grand

  1. Vous l’avez connu tout débutant, s’appliquant laborieusement à faire son pas de base, un peu raidoche, maladroit, et… sans beaucoup de grâce. Vous avez pensé : le Petit Salsero, il a du boulot, mais au moins, il ne peut que progresser. Vous l’avez encouragé.
  2. Quelques semaines plus tard, vous avez revu le Petit Salsero répétant inlassablement dans un coin de piste une passe apprise en cours, écoutant les conseils d’un ami du cours Avancé. Vous vous êtes proposée de lui servir de partenaire, et par conséquent, avez accepté de sacrifier une heure de votre soirée à faire la même passe.
  3. Quelques mois plus tard, vous avez revu le Petit Salsero dévorant des yeux les couples de danseurs, essayant de mémoriser tout seul de nouvelles passes. Il fait appel à vous pour " essayer un truc qu’il vient de voir ". Attendrie, vous acceptez de servir de cobaye. Indulgente, vous lui pardonnez la contorsion douloureuse de vos bras et le coup de coude que vous avez stoïquement pris dans la figure.
  4. Quelques semaines plus tard, vous voyez le Petit Salsero évoluer avec aisance sur la piste. Vous vous dîtes : ma parole, on dirait qu’il a dansé la salsa toute sa vie ! Vous êtes sa danseuse quasiment attitrée. Bonheur.
  5. Le Petit Salsero sort brusquement de votre vie. Il est allé danser dans des endroits plus nobles.
  6. Un beau jour, par hasard, vous le retrouvez. Vous n’en croyez pas vos yeux, c’est le Roi de la Piste, toutes les danseuses se l’arrachent, il paraît même qu’il ferait partie d’une troupe. Vous vous avancez vers lui, le croisez et… non, vous n’avez pas rêvé, il ne vous a même pas dit bonjour.
 

Le Petit Salsero est devenu Grand. Trop Grand. Si Grand que ça lui est monté à la tête.

 

Co-auteurs: Salsita/Pdecap

Mi Vida Es Cantar

Dès les premières notes d'un morceau, Mi Vida Es Cantar s'interrompt au milieu de sa conversation pour entonner le premier couplet avec le chanteur (ou la trompette), s'excuse auprès de son interlocuteur ("J'adooore cette chanson") et n'en continue pas moins de fredonner alors même que celui-ci essaie (mais pas longtemps) de poursuivre la conversation. Mi Vida Es Cantar est incapable d'écouter une chanson sans la chanter (s'il la connaît), ou sans la décortiquer (s'il ne la connaît pas encore, car il faudra qu'il puisse la chanter plus tard !)

Sur la piste, on a a parfois l’impression que la voix de la chanson sur laquelle on danse est doublée. On se retourne et on comprend que Mi Vida Es Cantar est dans les parages. Utile lorsque le niveau de la sono est trop faible.

Mi Vida Es Cantar adore danser la salsa, mais pas autant que la chanter. Confondant les deux disciplines, il danse, tout en braillant à tue-tête les paroles, provoquant des réactions variées parmi ses partenaires :

- résignée : "Il va encore pleuvoir..."

- agacée : "Tu chantes ou tu danses ?"

- curieuse : "De quoi ça parle ?"

- ébahie : "Mais tu les connais toutes ?"

- préventive : "Tu la connais celle-là ? Non ? Alors je t'invite !"

- stratégique...: "Quelle belle voix !"

- respectueuse : "Tu parles espagnol ?"

- interloquée : "Tu m'as parlé ?"

- amusée : "Tu chantes aussi les cuivres ?"

- intéressée : "Ca veut dire quoi, cantar ?"

- polie : "Oh. Tu chantes bien."

- grinçante : " T’as jamais su l’espagnol, tu chantes en phonétique ? "

- surenchérie : "por eso canto canto canto" ...

.. car Mi Vida Es Cantar rencontre parfois son alter ego sur les pistes !

Dans ce cas, lui qui d'ordinaire se sent plutôt seul et incompris, ne se sent pas de joie, et pour faire entendre sa belle voix, il ouvre un large bec et beugle - pardon, chante- à s'en faire péter le gosier... Si vous vous retrouvez en train de danser avec Mi Vida Es Cantar, avec à côté un de ses clones, vous allez vous sentir frustrée : la personne avec qui Mi Vida Es Cantar est en train de s'éclater sur cette chanson, ce n'est sûrement pas vous...

Autre situation inconfortable pour la danseuse : Mi Vida Es Cantar lui débite quelques phrases de la chanson (qu’elle ne comprend pas) tout en la regardant avidement et de manière lubrique. Est-ce une déclaration d’amour ? Se moque-t-il d’elle ? Mystère.

Pas vraiment " enchantée ", la danseuse refuse une seconde danse et Mi Vida Es Cantar " déchante "…