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Roberto Roena, Bongocero Qui est Roberto Roena ? Lun des meilleurs joueur de bongó (1), membre des groupes de salsa les plus prestigieux. Il suffit de jeter un oeil à sa discographie pour se rendre compte que cest quelquun dincontournable. On le qualifie de légende vivante, dicône de la salsa, du plus novateur des directeurs de groupe du monde de la salsa, de joyeux farceur de la salsa ou encore de fou. Ce qui laisse imaginer son talent et sa personnalité extravertie. Pourtant il nétait pas du tout destiné à jouer du bongo, né le 16 janvier 1940 dans le quartier Dulces Labios de Mayagüez à Puerto Rico, il commence par danser -à 12 ans- aux côtés de son frère Cuqui et de son oncle Anibal Vásquez . Réellement doués pour la danse, ils gagnent un concours télévisé. Cest le début du succès : Roena sera désormais connu comme "El Gran Bailarín" (le grand danseur). Ce don pour la danse lamènera jusquau Palladium de New-York. [Petite anecdote : Felipe Polanco le cite parmis ses trois danseurs préférés (2)]. En 1956, il se fait remarquer dans un programme de télévision par le percussioniste Rafael Cortijo. Ce dernier cherche un bongocero pour le groupe quil est en train de former : " Cortijo Y Su Combo ". Il veut quelquun qui puisse danser et jouer des percussions en même temps. Or, si Roena danse très bien, il ne connaît rien à la musique. Quimporte, Roena est jeune (16 ans) et Cortijo entrevoit tout le potentiel du jeune homme : il donne à Roena ses premières leçons de percussion. Roberto commence en dansant et en chantant dans les churs de " Cortijo y su Combo ". Le bongo lui plait, il se lance et joue pour " Cortijo " entre 1957 et 1962. En 1962, le pianiste Rafael Ithier quitte " Cortijo y su Combo " pour devenir un des piliers d " El Gran Combo ". Roena suivra. Engagé plus comme danseur que comme joueur de bongo, sa présence doit permettre au groupe davoir un visuel attractif lors de leurs passages à la télévision. (3) En 1967, Roena fait ses débuts en tant que directeur du groupe appelé " Megatones " avec " Se Pone Bueno " chez Alegre Records. Le panaméen Camilo Azuquita est le chanteur principal, et les churs sont assurés par les chanteurs du Gran Combo : Andy Montañez et Pellín Rodríguez. Mais cet orquestre na pas dépassé le stade de la réunion dartistes dans un studio denregistrement. Ce nest que 2 ans plus tard en 1969 que Roena quitte El Gran Combo, accompagné DElias Lopez, suite à une mésentente avec Andy Montañez. Il forme son propre orquestre, baptisé " Apollo Sound " (4). Et signe avec Fania International, une division de Fania Records de Jerry Masucci et Johnny Pacheco, pour le 1er album du groupe " Roberto Roena Y Su Apollo Sound ". Ne sachant à lépoque ni lire, ni écrire, la musique, Roena sentoure des meilleurs musiciens et arrangistes : Mario Ortiz, Bobby Valentín, Elias Lopés, Luis "Perico" Ortiz, Papo Lucca, Julio "Gunda" Merced, Louis García, Tito Rivera et Humberto Ramírez. Le grand compositeur Portoricain : Catalino Curet Alonso, devient le directeur musical de lalbum et écrit le succès : "Tu Loco Loco, Y Yo Tranquilo". On y trouve aussi "El escapulario" et "El sordo". Et cest Apollo Sound qui popularisa le classique de Bobby Capó "Soñando con Puerto Rico". La caractéristique dApollo Sound est à cette époque daligner deux trompettes, un trombone, un saxophone tenor, une section rythmique (bongo, conga, timbales, basse, piano) et les voix. Une troisième trompette a été ajoutée au milieu des années 70. Le talent de bongocero de Roena ne passe pas inaperçu : il rejoint la Fania All Stars au début des années 70 et a continué à enregistrer et à jouer en concert avec eux jusquà aujourdhui. En leur compagnie il apparaît sur les films : " Our Latin Thing (Nuestra Cosa) " (documentaire réalisé en 1972, filmé en partie au fameux Club Cheetah à New-York) et " Salsa " (1976). On peut le voir jouer et danser sur la video " Salsa Madness " en 1991, filmé au Zaïre en 1974. Son solo de bongo est le point fort de "Ponte Duro" sur "Our Latin Thing," en particulier lorsquil dépose le bongo et danse avec son oncle Anibal Vásquez (5) Les trois premiers albums d"Apollo Sound" comportent le même trio de chanteurs : Piro Mantilla, Dino Guy Casiano et Frankie Calderon. Le trompétiste Elías Lopés est directeur musical sur les 2nd et 3ème albums d"Apollo Sound". Tito Cruz remplace Mantilla en 1972 sur " Roberto Roena Y Su Apollo Sound 4 ". Casiano sera remplacé par Sammy González, membre du groupe de Tommy Olivencia, sur le 5ème album dApollo Sound en 1973, qui marque les débuts du tromboniste virtuose Julio "Gunda" Merced avec le groupe. " Roberto Roena Y Su Apollo Sound 5 " : un grand classique des années 70. Le groupe y trouve son style avec des succès comme : " Cui Cui ", " Que Se Sepa " et " Ponte Duro ".
Luis "Perico" Ortiz arrange les succès : "Traición" et " Parece Mentira " en 1974 sur " Roberto Roena Y Su Apollo Sound 6 ". Roena le considérait alors comme son meilleur album. Les arrangements très recherchés rendent ce disque excellent. Le groupe intègre les influences musicales du jazz, de la musique brésilienne, de la soul et du pop américain, comme sur " Ese soy yo ". On y trouve une multitude de surprises musicales qui font quon peut écouter une chanson pour la 3ème fois et y faire de nouvelles découvertes. A savourer : " Que Se Sepa " (version plus longue que sur le 5ème album), lintroduction jazz de " Herencia Rumbera ", les changements de rythme et les crépitements tout au long de " Traición" qui vous donnent une irresistible envie de jouer du bongo. En 1974 Roena participe à la réunion des membres fondateurs du groupe " Cortijo y su Combo " sur " Juntos Otra Vez ". Calderon et Cruz partent après le 6ème album dApollo Sound et José "Papo" Sánchez rejoint González en tant que co-chanteur sur " Lucky 7 " en 1976.
A noter la pochette de lalbum très caractéristique des années 70 : coiffure " afro " à la " Jackson five ", vêtements près du corps, couleur vive de la pochette. Mais le plus intéressant est à lintérieur, dans la continuité du numéro 6, le groupe revient avec encore plus de trouvailles. Un vrai régal que découter " Mi Desengaño " un grand succès, qui a été co-écrit et subtilement arrangé par Julio Merced, où on trouve un intermède de Samba, qui pourrait être incongru mais qui arrive tout naturellement au milieu du morceau. Nos épaules et nos pieds se mettent à bouger tout seuls grâce à lhumour et aux petits breaks de " fea ". Autre morceau de choix " Que Me Castigue Dios " : la mélodie est prenante, le titre revient comme une litanie tout au long de la chanson et la fin est étonnante (on y entend une vache, un cheval, parce quil en est question dans le texte). A nouveau du jazz sur lintroduction de " Me Le Fugue A La candela ", [" Jai échappé à la flamme] chanson basée sur un fait divers : le bus utilisé lors dune tournée dans les années 75-76 a pris feu et les instruments du groupe avec ! En 1977, Roena est encore bien entouré puisque Rubén Blades contribue à " Para Ser Rumbero " et " Amistad Barata " sur " La 8va Maravilla " . Là encore un album novateur. González part et Tito Cruz revient pour le remplacer sur " Roberto Roena Y Su Apollo Sound 9 " en 1977. Cest lune des meilleures ventes du groupe. Avec les voix de Papo Sanchez, Tito Cruz et Mario Cora, aux côtés des churs formés par Rubén Blades et Adalberto Santiago sur " Marejada Feliz " et " La Distancia " deux des plus gros hits salsa des années 70. On y trouve aussi le succès " Que Me Lo Den En Vida " et de nouvelles influences jazz sur " Ya Ves No Te Quiero ". Le groupe de Roberto Roena comprenait aussi à cette époque Lenny Prieto au piano, Cuqui Santos aux timbales, Papo Clemente aux congas, Pucho Soufront à la basse, Gunda Merced au trombone, Mario Cora et Dario Morales aux trompettes, Miguel Rodriguez pour la flûte et le sax.
A la mi-1978, Merced quitte Apollo Sound avec 5 autres members du groupe, y compris le chanteur Papo Sánchez, pour former " Salsa Fever ". Roena produit " El Progreso " en 1978, un excellent album qui contient la composition de Catalino Curet Alonso : " Lamento De Concepción " avec un merveilleux arrangement de Papo Lucca, qui joue du piano sur ce morceau et sur 4 autres morceaux de lalbum. Tito Cruz est rejoint en tant que chanteur principal par Carlos Santos. Toujours en 1978, Roena produit " La Practica Hace La Perfección " pour le trompetiste-vocaliste member fondateur dApollo Sound : Mickey Cora (Mario Alvarez Cora), qui crée son propre groupe : " Orquesta Cabala ". En 1980 sort la compilation " Gold " des meilleures chansons de Roberto Roena & Apollo Sound. A avoir absolument ! En
1980 nouvel album « Que Suerte He Tenido De Nacer » sur lequel
les chansons « Trago Amargo », « Yo Soy De Ley »
(chanté par Carlos Santos), « El Aplauso » et «
Algun Dia Sera » (chanté par Tito Cruz) sortent du lot. Mais
la grande surprise de cet album est « Sigo Buscando Un Amor »
chanté par
Roberto Roena lui-même ! En 1981 " Looking Out For 'Numero Uno' " avec Apollo Sound contient " Se Esconde Porque Me Debe ", superbement arrangé par Louis García, et trois chansons écrites par le cubain Adalberto Alvarez. En 1982, Roberto intégre dans léquipe le vocaliste Adalberto Santiago sur " Super Apollo 47:50 ". La même année, Roena participe à une réunion des ex-membres dEl Gran Combo, ceux-ci rebaptisés " El Combo De Ayer " enregistrent trois albums (6). Roberto Roena Y Su Apollo Sound, sort en 1985 " Afuera Y Contento " chez Pa' Lante Records. Les membres fondateurs du groupe, Piro Mantilla et Sammy González, accompagnés de Junior Reynoso, constituent le trio de chanteurs principaux de lalbum qui contient une version d " A ver " dAdalberto Alvarez. En 1987, après une brève pause, Roena revient avec le bien nommé : " Regreso " chez Up Records. Cet album marque le retour de Papo Sánchez dans Apollo Sound, qui partage le rôle de chanteur avec Rubén La Hoz et deux vocalistes féminines : Johanie Robles et Aracelis Beltran. Lalbum va encore plus loin dans la qualité avec une salsa sophistiquée dont deux chansons dAdalberto Alvarez et un superbe arrangement de " Reflexiones Mías " par Tito Rivera. Dans les années 90, le succès ne quitte pas Roena au contraire : * le groupe est en première partie dun concert de Sting au Colisée Roberto Clemente (Puerto-Rico), où il présente une version salsa du tube " Every Breath You Take " [de Sting.]. * En 1994 sort « El Pueblo Pide Que Toque » avec Papo Lucca au piano, Tito Rojas, Andy Montañez Et les 25 ans dApollo Sound sont célébrés lors dun grand concert au Centro de Bellas Artes (Puerto-Rico), qui a été enregistré et commercialisé en 1995 : « En Vivo Desde Bellas Artes». * En 1995, Roena rempli le Poliedro de Caracas (Vénézuela) et laisse 5000 fans à la porte. La même scène se produit en Colombie. * " Mi musica97 " seul petit bémol : on trouve seulement deux chanteurs (Tempo Alomar et Luisito Carrion) et les critiques nont pas lenthousiasme des précédants albums. * En 1998, une école de musique de San Juan (Puerto-Rico) est baptisée " Roberto Roena ". * Le 29 septembre dernier il participe à la réunion de la Fania All Stars à Los Angeles pour fêter le 30ème anniversaire de " Our Latin Thing " (8). Doté dune personnalité provocante (il se colorait les cheveux à une époque où ce nétait pas vraiment à la mode, il a joué des percussions dans les tenues les plus extravangantes quand il ne se faisait pas virer dun spectacle pour sêtre débarrassé de la "tenue correcte exigée") et dun don pour trouver des effets spéciaux (il a allumé des pétards sur scène ; il senvolait au-dessus de la scène attaché par un harnais, ) il en a rajouté pour sortir du lot des groupes à la mode. Une journaliste parlait dApollo Sound comme : " le premier groupe de Puerto-Rico avec un système de lumières psychédéliques et des danseuses à go-go ". Malgré cela Roberto Roena sest assuré un grand respect dans le monde de la salsa : considéré comme lun des meilleurs " bongoceros " : maître de lexpression rythmique et grand inventeur de mélodies, Roena est réputé pour avoir les mains et les pieds les plus rapides du monde de la salsa, un grand talent de chorégraphe et de directeur dorquestre. Son impeccable technique, son rythme, et sa présence sur scène font de lui un des artistes les plus formidables à regarder et écouter. A vous de découvrir ou redécouvrir .
NOTES
Sources : biographie : * En espagnol : http://www.noti-salsa.com/R.Roena.htm http://www.PRpop.org/Biografias/Biografias%20QR/robert_rohe.html http://www.oasissalsero.com/FAS_Spanish_pt1.htm http://oasissalsero.com/tommy_Spanish_ pt1.htm Article sur la Fania All Stars : p.14-15 passage sur Roberto Roena et photos. http://oasissalsero.com/tommy_Spanish_ pt2.htm Suite de larticle sur la Fania All Stars : p.10 sur Roberto Roena et plus loin " los seis de la Fania ". http://www.mponline.com/roberto.htm Concert en 1997 http://noticias.eluniversal.com/1997/08/24/24330AA.shtml * En anglais : http://www.musicofpuertorico.com/en/roberto_roena.html http://www.salsacrazy.com/salsaroots/roena.htm
www.centrohd.com/biogra/r2/roberto_roena_b.htm
http://www.ralphmercadopresents.com/biographies/robertoroena/robertoroena.htm
http://www.oasissalsero.com/tommy/clave.htm Article de Tommy Muriel "The clave is back" à lire !
http://www.jazzconclave.com/i-room/ithier.html interview de R. Ithier.
http://www.salsacentro.com/Roberto%20Roena.htm Article de "Latin Beat magazine" Octobre 2001 par Jesse "Chuy" Varela que lon retrouve sur : http://www.salsasf.com/features/articles/dlboct01.html et http://www.eastbayexpress.com/issues/2001-06-29/music.html Problèmes familiaux sur : http://www.caller2.com/autoconv/laonda99/laonda34.html Sur les joueurs de bongo : http://www.lpmusic.com/Play_like_A_Pro/Tech_Support/el_bongosero.html http://www.rhythmweb.com/bongo/bongocer.htm
MP 3 : http://salsapapo.com/Salsa%20MP3%20files/MP3-Salsa/ on y trouve " Mi desengaño " et " El Escapulario ". http://www.geocities.com/res86/ on y trouve " Traición ".
Discographie : En anglais : http://www.prtc.net/~josesouf/special.html sur lalbum " Roberto Roena y su Apollo Sound 9 ". En espagnol : http://home.coqui.net/jjgh/roena.htm sur lalbum " Mi Musica97 ".
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