par Jsalsero

AZUQUITA Y LOS JUBILADOS

Lieu : Bataclan
Date : Vendredi 28 juin 2002
Prix : 20 euros
Durée : 2 h 40
Soit : 7,50 euros/heure

Musiciens :
Camilo "Azuquita" Argumedes, chant / 1 congas / 1 bongo / 1 basse / 1 tres / 1 guitare / 1 trompette / 1 chant-clave / 1 chant-güiro / 1 chant-maracas

Azuquita, figure légendaire de la salsa nuyoricaine, dont la carrière internationale a connu un coup d'arrêt lorsqu'il est venu s'installer en France pour nous faire découvrir, lui le premier, à nous petit français, cette musique qui nous fait aujourd'hui tant vibrer, Azuquita se met à chanter le son cubano !!! Le résultat était disponible sur un CD depuis de nombreux mois, sur lequel nous avions jeté un coup d'oreille curieux à la borne d'écoute d'un grand magasin multimédia. Convainquant, oui, assez convainquant, il fallait bien l'admettre. Et nous allions enfin avoir l'occasion de voir ça sur une scène.

Première déconvenue (heureusement la seule, mais de taille !), la salle est aux trois quarts vide. Pourtant, quel que soit le contexte, on est prêt à suivre Azuquita dans n'importe quelle salle, il ne nous a jamais déçu. Sommes nous les seuls, les derniers à lui accorder ainsi notre confiance ? Soyons clairs, ce soir, les absents auront tort.

La première partie du concert est entièrement assurée par l'orchestre de Los Jubilados (les retraités), une formation de son comme on en rencontre tant dans les Casas de la Trova de tout Cuba. Certainement pas une des pire, parce que les papys ont du talent. On n'est peut-être pas venu vraiment pour eux, mais on apprécie vraiment de pouvoir les entendre interprêter leur répertoire avant l'arrivée du sonero panaméen. C'est beau, c'est dansant, c'est riche et varié.

Pour la deuxième partie, Azuquita rejoint enfin les retraités du son cubain. Toujours aussi bavard, entre les morceaux comme pendant les improvisations, Azuquita va progressivement éteindre quelque peu le groupe. On ne résiste pas à la déferlante chantante et verbale du sonero. Sa voix puissante occupe l'espace, son débit toujours aussi inventif, intensif et innovant occupe le temps.

La richesse du repertoire permet d'explorer de nouveaux rythmes, auxquels les danseurs (une bonne partie des présents, finalement, vu la place malheureusement disponible) ne sont pas habitués : de nombreux boleros, un afro, un 6/8, et j'en oublie.

En fait, sur disque, dans le calme d'un studio, le mélange est réussi. Sur une scène, au contact du public, Azuquita est, comme d'habitude, transcendé. Par conséquent, le mélange se fait moins bien, le calme et la rigueur de Los Jubilados creusant l'écart, accentuant le contraste avec le chanteur, toujours aussi excité en vitesse de croisière (sans parler de quand il est en grande forme).

Ce soir, notre pionnier de la salsa parisienne n'est pas trop explosif, mais la retenue de l'orchestre lui va bien. On le découvre sous un nouveau jour. Non, décidément, la fusion n'est pas parfaite, mais réussie tout de même, passionnante, pleine de surprises, de moments de plaisirs, de petits bonheurs dont la plupart des passionnés parisiens ont eu tort de se priver.