Premier constat : il manque du monde... Où sont le bongocero et le saxophoniste ténor ? Eh bien curieusement, ils ne manquent pas plus que ça.
La section cuivres sonne d’une puissance telle qu’on ne voit pas la différence, et le batteur se démène tellement qu’il fait largement le spectacle (et la musique !) en comblant le vide.
Second constat : il y a des petits nouveaux. Le conguero, royal dans le solo en rythme ternaire (un 6/8, comme on dit, qui n’a rien à voir avec les 4 temps habituels de la salsa), fait montre d’une grande connaissance des rythmes traditionnels, et le bassiste, qui à l’air d’être tout frais dans l’orchestre, joue encore sur partitions, en chantant les notes en même temps, ce qui ne l’empêche nullement de jouer son rôle de soutien rythmique à la perfection.

- Orlando ’Maraca’ Valle
- Photo prise à la Coupole - novembre 2002 - (c) Dejavu - Salsafuriosa.com
Les concerts de Maraca laissent toujours un peu cette impression de feuilleter un catalogue des rythmes de Cuba. On aura droit à toute la panopolie : rumba, pilon, conga, danzon, jazz cubain, et j’en oublie, y compris une petite cumbia au passage, empruntée, quant à elle, au folklore colombien.
L’unité dans tout ça ? C’est le style Maraca qui fait le lien. Malgré la diversité des rythmes, on retrouve sur tous les morceaux ces phrases de cuivres très très jazz (inspirées du be-bop, comme à l’époque ou Orlando Valle officiait encore chez Irakere), ce subtil équilibre entre solos instrumentaux et chauffage de salle par les chanteurs, ces relances de percussions après quelques tours d’improvisations des chanteurs, et cette direction d’orchestre d’une précision d’orfèvre.
Alors, qu’est-ce qui fait qu’avec les mêmes morceaux, avec les mêmes défauts et les mêmes qualités que d’habitude, et avec deux musiciens en moins, ce concert-ci soit meilleur que les déjà excellents précédents ? Sans conviction, tentons d’expliquer ça par le mélange de rôdage des anciens avec la fraîcheur des petites nouveaux. Mais si l’explication "scientifique" ne convainc pas totalement, il faudra bien se rendre à l’évidence : cette flûte a un petit côté baguette magique.
Musiciens : Orlando ’Maraca’ Valle (flûte, direction), Reinaldo Melian (trompette, bugle), Roberto Perez (trompette), Andres Perez (saxophone baryton), Irving Ferreyro (piano), Victor Miranda (basse), Juan Carlos Rojas (batterie), Yorvanis Duran ou Rafael Valiente (? ?) (congas), Wilfredo Campa, Rolando Morejon (chant)