Paulito FG, Pablo FG, Paulo FG, Pablo Alfonso Fernández Gallo... 
Appelez-le comme vous voulez, mais cet artiste est devenu une figure emblématique de la musique cubaine actuelle.
Paulo Alfonso Fernandez Gallo est né un 11 janvier (comme moi !!) 1962 à Buena Vista, quartier de la Havane.
Cependant Paulito a des origines italiennes : en effet son grand-père est italien.
Ce qui explique qu’une partie des cubains ne le considère pas toujours comme les autres artistes…
Sa mère, Caridad Gallo jouera un rôle important. En effet, pianiste et poète, elle lui demandait régulièrement de chanter pendant qu’elle jouait au piano, lui apprenant ainsi les lignes vocales et les harmonies.
Mais sa carrière commence réellement quand le légendaire Adalberto Álvarez le découvre et l’engage dans son orchestre.
Après des étapes qu’il estime nécessaires chez Adalberto Alvarez (très éphémère) et avec Dan Den et Opus 13 où il est le chanteur principal , Paulito s’aventure en carrière solo par besoin de produire une musique plus « dynamique » , une musique de fusions plus personnelle pour y inclure du funk et du rap…
C’est d’ailleurs lors de sa période Opus 13 en 1990, qu’il rencontre le génial saxophoniste Juan Manuel Ceruto qui sera son mentor, son directeur musical, son arrangeur… (on dit de Juan Ceruto qu’il est capable d’arranger une chanson sans piano ou ordinateur, tout dans la tête…)
Son 1er album Tu no me calculas sort en 1993 avec son 1er tube qui se nomme comme l’album...
Il est suivi par Sofocandote en 1995 avec un hommage à son inspirateur Beny Moré, et les tubes Ina et Sofocacion...
Puis en 1996, le disque suivant est édité chez Fania , car sa grande rencontre avec le producteur zélé Jerry Masucci fut couronnnée de succès : El Bueno Soy Yo ou Paulito 2 éditions différentes mais les mêmes chansons….
Jerry Masucci est le co-fondateur du label Fania Records et Paulito signe avec lui…
En 1997, il sort son meilleur album, son joyau , Con la Conciencia Tranquila sur le label Nueva Fania. Car Juan Manuel Ceruto a réunit , outre son talent, le brillantissime Alexander Abreu à la trompette, Joel Paez à la batterie et le non moins génial Tomas Cruz aux Congas (actuellement musicien de Manolin)
Si l’on devait retenir un album, ce serait celui-là…
Cette même année , 1997, il participe au disque de la Fania Bravo aux côtés de Johnny Pacheco, Bobby Valentin, Papo Lucca , Roberto Roena
Larry Harlow , Jimmy Delgado , Alfredo De La Fe , Ismael Miranda, Celia Cruz, Adalberto Santiago, Pete El Conde Rodriguez, Ismael Quintana, Willie Colon, Andy Montañez, Cheo Feliciano , excusez du peu !!! Sa chanson « tu no me calculas" est sur l’album...Une véritable consécration !!
Masucci décède à la fin de l’année 1997 et son contrat se termine ainsi…
Un CD de boléros en hommage à Tito Rodriguez, sur lequel ils avaient travaillé avec Juan Manuel Ceruto et Joaquin betancourt ne verra donc jamais le jour…

Mais au-delà de la mort de Masucci, Paulito va perdre quelques uns de ses musiciens principaux qu’il est tant difficile de remplacer : le batteur Joel Paez, le bassiste Joel Dominguez… (C’est d’ailleurs en même temps qu’Issac perd son pianiste légendaire Ivan Melon… )
On ne sait trop l’importance de ces musiciens-arrangeurs de l’ombre…
Pour la petite histoire, la plupart des musiciens de Paulito part pour rejoindre l’orchestre d’Issac…
Dur alors de retrouver une maison de disques…
En 2000 : Una vez mas …por amor sort chez Promusic. Le batteur et timbalero Mauricio Herrera Tamayo et le bassiste Cristobal Verdecia Sardinas, excellents musiciens également, viennent pallier les départs. Rogelio Napoles son guitariste et Alexander Abreu le trompettiste sont encore là…Et le jeu du pianiste Rolando Luna est tout simplement magistral. A noter une reprise plutôt jazzy d’un tango de Carlos Gardel ("El día que me quieres") Juan Manuel Ceruto arrange encore magnifiquement bien la plupart des morceaux…
Juan Manuel Ceruto part chez…Issac !
Et récemment, après une longue absence, 2003, il sort son dernier opus Te deseo Suerte , superbe édition.. Mais voilà un disque plus calme, plus pop, avec beaucoup de moments de guitare acoustique.
La créativité du son de Paulito vient essentiellement de Juan Manuel Ceruto, de Joel Paez et de Tomás Cruz A ceux là viennent s’ajouter Ana la chanteuse et sœur de Paulito et le frère du bassiste de Manolin (Victoriano Nápoles) : le guitariste Rogelio Nápoles.
Paulito a une image de sex-symbol, mais il garde sa tête sur les épaules et est un musicien extrêmement intelligent et possède un grand talent d’improvisateur.
Son jeu scénique est désormais célèbre pour ses mouvements "pa’l piso" ou "elevador" qui mettent en transe les femmes…

Ainsi, si ses dernières productions ne sont pas du même niveau que « Con la concienca tranquilla » ou « Una vez mas », ses concerts restent toujours des grands moments de scène…
Si Paulito déclare que ses influences musicales viennent évidemment de Beny Moré, Los Van Van, Irakere, Pacho Alonso, Rubén Blades et Oscar D’León, à l’écoute de sa musique, on ne peut pas imaginer autrement que Paulito n’écoute du funk et de la soul…
Et effectivement, quand il était jeune, Paulito confesse ainsi qu’il imitait beaucoup Phil Bailey (chanteur d’Earth, Wind and Fire) et Michael Jackson…
Un Paulito en forme c’est un Paulito qui groove… !!
OPUS 13 « Dance y romance », RMM Records , 1992
J’ai choisi cet album parmi ses 7 albums parce que d’abord il s’agit du 1er album de Paulito (avec l’Opus 13 dirigé par Joaquin Betancourt). Il y révolutionne déjà le son d’Opus 13 en y mettant sa touche , mais aussi parce que c’est la rencontre importante avec Juan Manuel Cerruto . Un disque toute en finesse, très proche de la musique d’Issac Delgado…Voilà donc un disque que pourrait acheter un non -amateur de « timba hardcore ». On y trouve le magnifique titre « tu no me calculas » et l’une de mes chansons favorites de l’artiste, une version sublissime d’ « Ana Elena » … Voilà déjà deux raisons suffisantes d’avoir ce disque…
Pour la petite histoire c’est un certain Ralph Mercado le producteur !!
Con la conciencia tranquila, Fania, 1997
Voilà le joyau de Paulito, le bijou musical, sa meilleure production…Si vous devez acheter un disque, un seul, c’est celui qu’il vous faut… Une musique sublimement arrangée par Juan Manuel Ceruto, des cuivres colorés, des harmonies finement ciselées et des influences funky qui font « groover » cette production de façon étonnante… Le titre qui donne son nom à l’album, « Y ahora qué », « Mi tentacion » et évidemment le titre phare, hymne des cubains « De la Habana » sont des pures merveilles….Je ne rajouterai rien de plus… !!
Una vez mas…por amor, Promusic , 2000
Retour en trombe pour el « Sofocador » avec un disque tonique , énergique arrangé en grande partie par son mentor de toujours Juan M.Ceruto. Des cuivres encore ici bien affûtés. Mais la présence au piano de Rolando Luna ne passe pas non plus inaperçue !! Le titre d’ouverture « Por amor » en dit long sur la couleur du disque et les couleurs funky plus présentes que jamais. Une préférence pour le titre « Dejaria todo »…