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Jimmy Bosch
Entretien avec un tromboniste qui en a...
Interview réalisée à Paris le 10 juillet 2005
par Jack "El Oso" , par jsalsero

Paris, 10 juillet 2005, dans le hall de l’Holiday Inn Bastille. jsalsero et moi avons rendez-vous avec Jimmy Bosch, qui doit revenir incessament sous peu de la balance de son concert de cet après-midi au Parc Floral du Bois de Vincennes. Le réceptionniste nous a indiqué qu’il n’était pas encore rentré, nous prenons donc notre mal en patience. Au bout d’une heure, c’est finalement... de l’ascenseur que nous voyons émerger un Jimmy Bosch en capuche et avec des lunettes noires : il dormait, et le réceptionniste ne l’a pas vu rentrer !

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Jimmy Bosch à la sortie de la sieste
Photo : Jack "El Oso"

Nous nous installons sur les canapés en velours rouge du Holiday Inn pour une interview qui en théorie, devrait durer 15 à 20mn, et qui finira par durer plus de trois quarts d’heures ! Jimmy Bosch n’est pas seulement bavard, il est aussi fort intéressant, ne mâche pas ses mots, et comme beaucoup de musiciens dans ce genre musical, a su rester d’une simplicité étonnante.

Jack "el Oso" : Tu es né dans le New Jersey. Pourrais-tu nous décrire l’environnement musical dans lequel tu es né et où tu as grandi ? Quelques influences d’époque ? Qu’écoutaient tes parents, par exemple ?

Jimmy Bosch : Eh bien, il y en avait beaucoup. Mes parents écoutaient de la Salsa, et de la musique typique de Porto-Rico, comme des trios, des quartets, qui jouaient des ballades ; ma mère, quand elle était très jeune, chantait des ballades dans ce type de formations, qui reprenaient les hits de groupes comme le Trio Los Panchos. Bien entendu, on écoutait des disques de Salsa. A la maison, ça a toujours été un environnement musical très festif, à l’époque, ce qui était en vogue, c’était aussi les Beatles, donc même si ça semble incroyable, j’ai beaucoup écouté les Beatles, ainsi que du rock, du hard rock, parce qu’à l’école, c’était ce que les autres gamins écoutaient, un tout petit peu de jazz également, juste ce à quoi j’ai été exposé à l’école, et puis Frank Sinatra, Elvis Presley, parce que c’est la musique que l’on voyait à la TV... la musique classique, grâce aux dessins animés, aussi, qui étaient très présents à l’époque. Voilà pour mes toutes premières influences.

jsalsero : je me demandais comment s’organise pour toi le travail avec un backing band, comme c’est le cas pour aujourd’hui dans le cadre de ce concert avec Mercadonegro au Parc Floral ?

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Jimmy Bosch
Photo : Jack "el Oso"

Jimmy Bosch : Ce qui arrive le plus souvent, c’est que des organisateurs ou producteurs voudraient me voir interpréter la musique de mes albums, mais ne peuvent pas se permettre de faire venir tout mon orchestre depuis New York. Donc, soit je voyage dans le monde entier, et je forme un orchestre à cette occasion, soit je travaille avec un groupe existant, là où je vais me produire, comme par exemple à Athènes, en Grèce, ou dans ce cas précis en Europe, avec Mercadonegro, qui est un excellent groupe, des musiciens formidables, qui travaillent souvent en back up non seulement pour moi, mais pour beaucoup d’autres artistes. Donc, j’arrive, j’amène mes partitions, puis, dans le meilleur des cas, je répète avec l’orchestre un jour avant le concert, le chanteur de cet orchestre ayant appris 6, 7 ou 8 morceaux de mon repertoire, et on monte un spectacle de cette façon. Ou alors, je voyage avec mon propre chanteur, ce qui est probablement une solution un peu plus authentique.

Le show le plus authentique sous l’appellation "show de Jimmy Bosch", étant celui de mon orchestre, bien évidemment. Ce type de concerts ont lieu principalement pour des raisons de budget, parce que les organisateurs ne peuvent pas faire venir tout mon orchestre, mais voudraient quand même que je sois présent. Donc voilà... j’ai fait ça à de nombreuses reprises, j’ai même un orchestre à Osaka, au Japon, et j’emmène mon chanteur, dans ce cas. Le plus souvent, cela fonctionne, et c’est très sympa.

Ce n’est jamais vraiment comparable au fait de venir avec mon propre orchestre, car tu sais bien, en tant que musicien, que ce qui se passe sur scène, lorsque tu travaille avec un orchestre de façon régulière, ce n’est pas que de la musique, c’est toute une alchimie qui se forme entre les musiciens à force de jouer spectacle sur spectacle.

Ce soir, je n’ai même pas répété avec les musiciens pour ce spectacle, je suis arrivé, j’ai fait la balance, et ce soir on va faire de la musique et on ne peut qu’espérer que ce sera bien. Parfois, il m’arrive de chanter un peu, parce que ce sont mes chansons, et que je connais bien les paroles, ou Armando, le chanteur de Mercadonegro, chantera quelques-unes de mes chansons, qu’il connait grâce aux spectacles qu’on a fait ensemble précédemment.

Je crois que ce sera captivant, parce que mon engagement est précisément que cela reste captivant, et que l’on est en présence de musiciens formidables, ici. Dans ce type de situation, je mets l’accent sur le côté descarga, le côté "boeuf", parce que c’est en partie ce qui définit un spectacle de Jimmy Bosch de toute façon. Donc, il y aura beaucoup de solos, et je tâcherai de déplacer l’énergie là où je la sens, sur scène, qu’il s’agisse de mon orchestre ou de tout autre orchestre, le spectacle de ce soir sera bon parce que c’est ce à quoi je me consacre et ce en quoi je me spécialise : libérer cette énergie et cet élément de surprise, cette large part d’improvisation, jouer et inventer des moñas dans le feu de l’action.

L’une des choses que j’ai travaillées aujourd’hui avec l’orchestre, est la façon dont je conçois le rôle de la section cuivres, comment je pense en tant que musicien de cette section, et comment j’organise les moñas, car il s’agit d’une forme d’art que tout le monde ne comprend pas forcément, et que tout le monde ne conçoit pas de la même façon. Mon approche des moñas m’est propre, et c’est cette méthode que nous allons utiliser ce soir.

Jack "el Oso" : Peux-tu nous dire quelques mots sur Manny Oquendo ?

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Jimmy Bosch
Photo : Jack "el Oso"

Jimmy Bosch : Manny Oquendo est l’un des professeurs qui m’a le plus appris. Il dirige un groupe qui s’appellait autrefois Conjunto Libre, qui a par la suite été renommé Manny Oquendo y Libre, et que beaucoup de gens appellent tout simplement "Libre". Libre est l’une des institutions de cette musique, par laquelle beaucoup d’artistes sont passés et dans laquelle ils se sont formés à bien des égards.

L’une des choses dont les artistes comme moi ont été imprégnés en jouant dans Libre et avec Manny Oquendo, c’est l’attachement à une forme d’interprétation authentique de la musique. Manny Oquendo joue la musique afro-cubaine aujourd’hui de la même façon qu’il la jouait il y a 40 ans. Il n’a jamais cherché à réinventer la roue. Il est tombé amoureux de la musique cubaine, et dans son interprétation de cette musique à travers son expérience artistique, celle du New York, celle de Porto-Rico, il a adopté un format qui laisse une très large part à la liberté d’interprétation ; c’est d’ailleurs de là que vient le nom de "Libre".

Beaucoup d’improvisation, donc, beaucoup de solos, à l’état brut, intense, beaucoup de passion et de liberté d’interprétation, voilà ce que j’ai appris de Manny Oquendo, et c’est ce que nous offrons, mon orchestre et moi. Je crée un prolongement de ce que Manny Oquendo a crée pendant tant d’années. Je suis un élève de Manny Oquendo et je peux le dire avec fierté, car j’ai énormément appris de lui.

Une autre chose que j’ai appris avec lui, c’est de toujours garder le danseur à l’esprit. Car tout ce que joue Manny est pensé pour la danse. Si vous écoutez mes albums, quelque soit le morceau et le rythme, toute ma musique est tournée vers la danse, et c’est également le cas pour Manny Oquendo et Libre. C’est également vrai pour Cachao...

jsalsero : Comment vois-tu l’avenir de cette musique ?

Jimmy Bosch : Le futur sera ce que nous en ferons. Il est clair qu’il y a des gars comme moi, qui refuseront d’aller dans la direction du vent juste parce qu’il a changé de direction. Je fais ce que je fais parce que j’aime ce que je fais, parce que je crois en ce que je fais et en la manière dont je le fais.

Il y a beaucoup de genres musicaux qui apparaissent, comme, par exemple, le reggaetón. Tous ces courants musicaux sont importants, car la jeunesse s’identifie à eux, et utilise ces nouveaux courants ou styles musicaux, ces nouveaux styles de danse, comme forme d’expression personnelle vis-à-vis du monde. Donc, tous ces courants musicaux, pour moi, ont leur importance.

Mais je crois également qu’il est important de préserver, en tant qu’artiste, son engagement pour la musique que l’on aime. La salsa est un courant musical majeur. Cela dure depuis... combien de temps, au juste ? Je ne sais même pas. Un siècle ? Mais je peux vous dire que dans un siècle, certains de ces courants musicaux qui surgissent aujourd’hui auront disparu, alors que la salsa sera toujours là, grâce à des gars comme moi. Parce que je continue à enregistrer de la salsa de manière authentique, sans la diluer dans d’autres rythmes. Beaucoup de salseros le font, eux. Si, au hasard, le reggeatón générait des millions de dollars pour certains artistes et certaines maisons de disques, devinez ce qui arriverait ? Tout le monde voudrait faire du reggaetón. Pourquoi ? Parce que eux aussi, veulent gagner de l’argent.

Mais moi, je refuse d’inclure du reggaetón dans un de mes morceaux de salsa, parce que je n’en vois pas l’utilité. Je crois qu’en faisant cela, je trahirais mon art, les gens qui me suivent, ma communauté salsa. Je crois que la musique salsa est suffisamment importante, et, du moins en ce qui me concerne, qu’elle devrait conserver une authenticité dans son interprétation et dans son processus de création. Ainsi, quand j’écrirai mon prochain album, ce sera un album de descargas. Pourquoi ? Parce c’est ce que je fais, ce que j’aime, et que je suis attaché à produire ce type de musique.

Jack "el Oso" : Sur l’ensemble de tes albums, on trouve 99% de compositions personnelles. Dans tout ce mouvement de revival de la Salsa Dura que l’on voit ces dernières années, tu figures plutôt comme une exception : la grande majorité de ce que l’on voit sortir, ce ne sont que des reprises de vieux morceaux de salsa. Ne crois-tu pas qu’il y a un manque de créativité de la part des interprètes de salsa dura de nos jours ?

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Jimmy Bosch
Photo : Jack "el Oso"

Jimmy Bosch : Dans une certaine mesure, oui. Il y a un manque de courage à produire des morceaux originaux, c’est le business qui fait ça.

Jack "El Oso" : Pourquoi ? Pourquoi faut-il du courage pour le faire ?

Jimmy Bosch : parce qu’il faut "en avoir", pour faire ce que je fais. (il se rapproche du micro qui se trouve sur la table basse, et répète très fort :) Il faut en avoir, et des GROSSES ! (éclats de rires) Pour moi, composer mes propres chansons... En fait, j’ai commencé à composer pour raconter ma propre vie, et non pas pour gagner un million de dollars. J’ai commencé à composer, pour guérir. L’une des choses que j’ai découvertes, c’est l’immense pouvoir de guérison des textes et du rythme. Avec tout ce que j’ai vécu, la composition est devenue une des façons de partager ma douleur avec le monde. La douleur partagée, est une douleur apaisée, tu comprends ? Nous écoutons tous de la musique depuis que nous sommes enfants, nous écoutons de la musique, et ça nous fait nous sentir bien. Donc c’est clair pour moi aujourd’hui que nous, auditeurs, humains, utilisons les sons et les rythmes que nous écoutons pour nous sentir mieux, pour guérir, pour pleurer, pour partager, pour communiquer, pour dire des choses qu’on ne serait pas capables de dire nous-mêmes. Parfois, on entend une chanson et on se dit "c’est exactement ce qui est arrivé dans ma vie", et on utilise cette chanson pour dire aux autres que nous avons besoin qu’ils sachent ce qui nous est arrivé. Alors j’ai écrit des chansons pour guérir, et après quelque temps, j’ai eu assez de chansons pour faire un album, j’ai donc relevé ce défi. Ensuite, j’ai découvert que les gens utilisaient mes chansons pour guérir, eux aussi, pour se sentir bien, et pour danser. Alors, je continue à le faire. Pour moi, ça n’a pas de prix de rencontrer des gens, comme ça m’est arrivé plusieurs fois, qui viennent me voir en larmes pour me dire "merci d’avoir écrit cette chanson, parce qu’elle m’est allée droit au coeur, c’est ce qui est arrivé dans ma vie". Dans une de mes chansons, je parle de la perte de mon frère, emporté par les drogues et l’alcool. Il y a des millions de personnes dans le monde qui s’identifient à cette expérience, et une chanson comme Otra Oportunidad leur permet de ressentir leur douleur, de l’affronter, de se sentir mieux, et cela leur permet de continuer leur vie.

Jack "el Oso" : Mais en même temps, ne crois tu pas que le fait de reprendre de vieux morceaux fait partie intégrante de cette musique ? :

Jimmy Bosch : Eh bien, c’est là la seconde réponse à ta question. Dieu merci, il y a des musiciens comme George Delado, Jimmy Delgado, Chino Nuñez, le Spanish Harlem Orchestra, Frankie Vazquez, los Soneros del Barrio, qui, album après album, reprennent des chansons qu’ils aiment ou ont aimé tout particulièrement lorsqu’ils étaient plus jeunes en tant que musiciens dans la salsa. C’était là les chansons qui les touchaient le plus. Pour eux, en tant que directeurs musicaux de leur propre orchestre, pouvoir sortir un album fait de reprises de leurs morceaux de salsa préférés, cela reste une bonne chose pour la musique salsa parce qu’ils réintroduisenvt de superbes morceaux que les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas forcément, parce qu’ils n’ont pas vécu ce que nous avons vécu, et n’ont pas grandi en écoutant ces chansons. C’est un peu comme un ABC de la salsa "hardcore", sur de nouveaux albums. A partir de là, ce que j’espère, c’est qu’après quelques albums de reprises, chacun de ces artistes commencera à créer des chansons originales parallèlement à ces reprises, et qu’à terme ils arriveront au stade où ils feront des albums entiers de morceaux originaux. Pour moi, chaque album est fait intégralement de compositions personnelles, parce que c’est ma façon de faire.

jsalsero : Peux-tu nous citer des musiciens qui t’ont influencés : des trombonistes, des compositeurs, des paroliers en particulier ?

Jimmy Bosch : Eh bien, clairement, l’un des compositeurs les plus importants dont j’ai été amené à jouer la musique, avec des groupes comme Fania All Stars, probablement le meilleur à New York, était Tite Curet. Tite Curet était probablement le compositeur de morceaux de salsa le plus significiatif que j’ai pu apprécier, sur de nombreux albums et par de nombreux artistes.

Des trombonistes ? Barry Rogers, José Rodriguez, Reinaldo Jorge, Willie Colon, et mon tromboniste préféré de tous les temps, devinez ? Papo Vazquez, ça fait des années que je le dis. Il est l’un des trombonistes avec lesquels j’ai joué et partagé la scène, qui est capable, je crois de jouer de façon authentique de la salsa, de la musique afro-cubaine, portoricaine, le jazz, du jazz "hardcore", ou du jazz standard. Steve Turre, est également l’une de mes influences majeures, en tant que tromboniste.

En ce qui me concerne, toutes mes influences principales se trouvent définitivement au sein de la musique latine, de la salsa. Pour les orchestres, je pense aux chanteurs. Quand on parle de chanteurs : Hector Lavoe, Ismael Rivera, Pete "El Conde" Rodriguez, Ruben Blades, tous les soneros, les véritables soneros, ces gars qui ont cette capacité unique d’utiliser leurs voix comme un instrument, d’une manière vraiment intéressante mélodiquement, et qui chantaient vraiment librement. Chaque soir où ils chantaient, quelque chose de magique sortait de leurs bouches. Ils chantaient à propos des gens qu’ils avaient devant eux, à propos de ce qui était arrivé dans leur vie ce jour-là, ils le tournaient en plaisanterie... Les véritables soneros sont ma plus grosse influence. Qui sont mes modèles en tant que tromboniste ? Les soneroes et les percussionnistes, les chanteurs solistes qui improvisent, et pas seulement les belles gueules qui chantent la même merde à chaque fois… et les percussionnistes, lesquels ? Manny Oquendo, Ray Barretto, Roberto Roena, et pourquoi ? Parce que ces gars ne jouaient jamais sur la vitesse et la vélocité (il imite des roulements, avec un débit de mitrailleuse), ils jouaient plutôt : bap, do do, bap, ou, blak blak boom blakadap da bap (il imite un phrasé plus aéré, avec des coups espacés et une plus grande recherche rythmique), alors je fais quoi ? Bee, do bap, doo doo bing bing bap (il imite un exemple de son propre jeu de trombone, avec le même genre de placement rythmique), c’est vraiment très simple, ce qu’ils communiquent et ce qu’on ressent avec ces gars-là, et ma façon de leur rendre hommage, la meilleure façon de rendre hommage en musique, c’est l’imitation. C’est donc ce que j’ai fait. Pour moi, la simplicité pour le tromboniste, c’est de jouer comme un percussionniste, mais de raconter une histoire comme un chanteur. C’est ça ma magie, c’est le secret, c’est ça que je fais.

jsalsero : C’est pas sympa pour la transcription !

Jimmy Bosch (rit, puis en rajoute une couche) : Bing bap bap !

Jack "El Oso" : Aujourd’hui, tu es considéré par beaucoup comme l’ambassadeur de la salsa dura, comme tu le dis sur ton dernier album. Or, dans les années 1990, tu n’as pas seulement été un musicien de Marc Anthony, mais tu es même devenu son directeur musical. Je m’explique : je respecte Marc Anthony, c’est un excellent vocaliste, mais pour beaucoup d’entre-nous, fans de salsa "hardcore", il représente très exactement le contraire de ce que nous aimons, dans la salsa dura. Comment passe-t-on du statut de directeur musical de Marc Anthony à celui d’ambassadeur de la salsa dura aujourd’hui ?

Jimmy Bosch : En fait, je n’ai jamais abandonné mon attachement à une forme "agressive" de salsa. Lorsque j’étais avec Marc Anthony, j’avais toujours mon orchestre en parallèle, et ma première priorité était toujours mon orchestre. Il m’arrivait d’être en tournée avec Marc Anthony pendant trois mois, et sur ces trois mois, je faisais six ou sept aller-retours en avion pour faire des spectacles avec mon orchestre. Pourquoi ? Parce que mon vrai amour a toujours été la salsa dura. J’ai eu beaucoup de chance, parce que je suis toujours resté en contact [avec la salsa dura], même lorsque la salsa romántica a pris le relai, lorsque tout le monde, y compris les orchestres de salsa les plus traditionnels ont commencé à se tourner vers ce genre musical par désespoir, j’étais encore l’une des personnes qui travaillait avec Israel "Cachao" Lopez et son orchestre de descarga, je faisais des concerts avec la Fania All Stars... je tournais toujours avec ces éminents représentants du son "dur" de la salsa.

C’est la frustration de cette époque qui m’a amené à me lancer, finalement, dans une carrière solo, et à monter mon propre orchestre pour enregistrer mon premier album Soneando Trombón. Ce ne fut pas une grande transition à proprement parler. En fait, c’était plus difficile pour moi de faire de la salsa romántica, que ça ne l’a été de quitter Marc Anthony pour faire de la salsa dura et en devenir l’ambassadeur.

Je crois que la principale raison pour laquelle on m’appelle aujourd’hui l’ambassadeur de la salsa dura, c’est précisément parce que j’en fais depuis 35 ans. C’est ce que j’ai toujours fait. Même lorsque je travaillais avec Marc Anthony, j’étais celui qui a fait pression [sur lui] pour introduire plus de temps pour les solos des musiciens de son orchestre. J’ai aussi fait pression sur lui pour qu’il commence à annoncer les noms des musiciens qui faisaient des solos. Il ne l’avait jamais fait, auparavant. Et lorsqu’il a commencé à le faire, le public a apprécié qu’il donne de la reconnaissance à ses musiciens. Et aujourd’hui, il le fait toujours.

Bref, je suis un artiste de salsa dura. Je l’ai toujours été.

Jack "el Oso" : tu as passé plus de 20 ans à travailler en tant que side man, c’est à dire en tant que musicien free-lance, que ce soit en studio ou sur scène. Pourquoi cela t’a t-il pris autant de temps pour te lancer en solo ? Quel a été l’élément déclencheur ?

Jimmy Bosch : Je crois que pendant toutes ces années, je m’amusais tout simplement un peu trop en tant que musicien "free-lance" ! (rires). Il faut préciser que si l’on regarde la soixantaine d’albums sur lesquels j’ai enregistré, dans 90% des cas, je figure en tant que soliste. Mon confort, pendant 25 ans, a été d’aller jouer juste pour l’amour de la musique. J’étais un de ces gars qui aimait mettre le feu, insuffler de l’énergie dans tous les orchestres avec lesquels j’ai joué.

Lorsque je jouais pour Ray Barretto, j’introduisais quatre ou cinq moñas dans chaque chanson, ils m’utilisaient pour quelques solos. Dans Libre, idem : que des solos et des moñas, toute la nuit. Cachao, Fania All Stars, pour tous ces orchestres avec lesquels j’ai joué pendant toutes ces années, j’étais le gars qui arrivait, et qui balançait des moñas et des solos toute la nuit. Je m’amusais beaucoup trop pour penser à faire autre chose.

Lorsque l’ère de la romántica est arrivée, il y a eu moins d’opportunités pour moi de le faire. Alors, j’ai commencé à être frustré. Je jouais dans des orchestres comme celui de India, et je n’avais que très peu de temps pour placer des solos. C’était comme ça. Chez Marc Anthony, c’était pareil. Il a eu du succès très vite, beaucoup de soutien de la part des maisons de disques, et pour moi c’était un job en or en tant que "side man", j’étais très bien payé. Mais tout cela me servait à nourrir ma vraie passion, la salsa dura.

Jack "el Oso" : Mais quel a été l’élément déclencheur ? Qu’est-ce qui t’a amené à monter ton propre orchestre ?

Jimmy Bosch : Voilà comment c’est arrivé : il y avait une femme nommée Ana Araiz...

Jack "El Oso" : ... celle du SOB’s ?

Jimmy Bosch : ... exactement. Elle gérait les lundis soir au SOB’s [Sounds Of Brazil, célèbre boite de nuit new-yorkaise, Ndlr], et j’avais joué à cet endroit de nombreuses fois avec de nombreux orchestres. Un jour, j’ai dit à Ana :
- "J’aimerais beaucoup jouer au SOB’s avec mon orchestre si tu pouvais me donner une date." Elle me regarde, et me dit
- "Mais... tu n’as pas d’orchestre".
- "Oui, je sais".
- "Et tu n’as pas de repertoire".
- "Non plus, je sais".
- "Alors, pourquoi devrais-je te donner une date au SOB’s ?"
- "Eh bien, si tu me donnes une date au SOB’s, je te crée un orchestre en 15 minutes sur un bout de papier, et à la date du concert, mon repertoire sera prêt." Et c’est exactement ce qui est arrivé. Elle a vu que j’étais sérieux, et elle m’a dit :
- "Ok, jettons un oeil sur le calendrier. 26 mars 1996 ?"
- "Ok", lui ai-je dit, "passe-moi un bloc-notes", et je m’y suis mis.

J’ai noté mon premier choix pour le piano, idem pour la basse, et j’ai continué jusqu’en bas en constituant un orchestre de 14 musiciens. Puis, j’ai mis des seconds et des troisièmes choix pour chaque instrument, pour parer aux disponibilités des musiciens. Elle a lu ma liste, et s’est exclamée : "Wouahou, ça va être terrible !". Et vous savez comment j’ai fait ça ? Eh bien j’y suis parvenu parce que je connaissais les personnes qui aimaient la musique, les musiciens qui la jouaient avec la même passion et le même enthousiasme que moi, et qui avaient envie de jouer dans ce cadre. C’était facile. C’est comme ça que cela a commencé.

JS : Pourquoi un songo sur le dernier album ? Est-ce que ça reflète un intérêt particulier pour ce qui se passe aujourd’hui dans la musique cubaine, ou est-ce l’influence de Papo Vazquez et de Batacumbele ?

JB : Eh bien, clairement, c’est une des influences, c’est un grand album. Le premier disque que Batacumbele a sorti est leur meilleur disque. Un songo, pourquoi pas ? C’est une des influences à laquelle j’ai été exposé. Quand j’enregistre un disque et que je travaille dessus, je ne souhaite pas enregistrer 11 pistes du même rythme, je pense que ce serait tromper mon public, alors j’enregistre un peu de tout ce qui a fait partie de mon aventure. Pour mon prochain disque j’aimerais faire un aguinaldo, qui est un rythme de Porto Rico. Ce sont simplement des rythmes qui tombent sous le terme générique de salsa, chacun a un nom spécifique mais parce que c’est joué par un orchestre dans le genre du mien, ils tombent sous le terme générique de salsa. Pourquoi ? Parce que c’est moi qui le dis, c’est comme ça, un point c’est tout (rires). Le songo est un de ces rythmes qu’en fait j’aime vraiment beaucoup, je ne l’ai même pas prévu, c’est la façon dont j’ai vécu la chanson quand je l’ai écrite. J’ai dis à l’arrangeur, Inigo Fernandez, je la sens comme un songo dans cette partie, et il s’en souvient, et quand il écrit l’arrangement pour ce passage, il y incorpore du songo parce que c’est ce que j’ai pensé en l’écrivant, c’est ce que j’ai ressenti, et c’est ce qu’on a fait.

Jack "el Oso" : Et que penses-tu de la musique cubaine actuelle ?

Jimmy Bosch : Je n’en écoute pas vraiment beaucoup. J’aime la Timba, il y a un groupe à Miami qui s’appelle Tiempo Libre, c’est un groupe débordant d’énergie, mais je ne peux pas vraiment parler de cette musique en connaissance de cause, parce que j’en écoute vraiment trop peu. Et je suppose que je n’en écoute pas beaucoup parce que je n’ai pas beaucoup d’intérêt pour elle. Je peux en apprécier un peu de temps en temps, tout comme d’autres styles musicaux.

Mais je dois préciser que je ne crois pas que la Timba soit la seule définition de la musique cubaine actuelle. La musique cubaine actuelle, c’est la Timba, et tout un tas d’autres choses. Je pense que c’est une erreur de réduire la musique cubaine actuelle à la Timba. De la même façon que la musique salsa d’aujourd’hui se compose d’éléments très différents ; l’une des raisons pour lesquelles je garde la terminologie de salsa dura, c’est pour que les gens puissent me différencier du reste du lot, pour que les gens sachent exactement ce qu’ils vont entendre lorsque l’on parle de salsa dura.

Jack "el Oso" : Alors qu’écoutes-tu dans ta voiture, ou chez toi ? Par exemple, quel est le dernier CD que tu as écouté dans ta voiture ?

Jimmy Bosch : Eh bien, voici une surprise pour toi. Comme tu le sais sans doute, j’ai crée mon propre label discographique [JRGR Records, Ndlr], je produis donc des artistes dans d’autres genres musicaux. En ce moment, je produis l’album d’un groupe de Rock en Espagnol, Momposónica. Un groupe que j’aime, que j’apprécie, et je crois en eux. Six musiciens colombiens qui habitent dans mon quartier dans le New Jersey, qui jouent des textes et des compositions personnelles, avec un son unique, en distillant différents rythmes colombiens et d’autres pays d’Amérique Latine dans leur musique rock. Donc, voilà l’une des choses que j’écoute depuis peu : du rock en espagnol, car je me lance dans cet univers en tant que producteur.

Lorsque j’écoute de la salsa, j’écoute toujours les vieux albums plus qu’autre chose, je n’écoute pas vraiment la musique récente. J’écoute les albums récents lorsqu’ils sortent, comme l’album de George Delgado, que j’ai écouté à quelques reprises. De façon générale, j’écoute tout ce qui me passe par les mains ; je n’achète que très peu de musique, comme j’ai beaucoup de relations avec pas mal de distributeurs, je reçois beaucoup d’albums de cette façon. Parfois, je mets un album, je l’enlève du lecteur avant la fin, et je n’y reviens jamais. Pour d’autres albums, comme celui de George Delgado, j’écoute tous les morceaux du début jusqu’à la fin, puis j’écoute les morceaux que j’apprécie, et j’appuie sur "plage suivante" pour les autres (rires).

Ce que j’ai emmené comme musique dans ce voyage, pour l’écouter dans l’avion, par exemple : Bebel Gilberto, de la musique brésilienne, de la musique classique, également, parce que j’ai parfois besoin d’écouter des interprétations musicales et harmoniques différent, et de la musicuq plus douce pour mon système nerveux, parce que ma vie est tellement intense, que lorsque je voyage, j’utilise la musique plus pour méditer que pour autre chose.

jsalsero : Y a-t-il un musicien avec lequel tu n’aurais pas encore travailléavec qui tu souhaiterais collaborer, et quel musicien du passé souhaiterais-tu rencontrer ?

Jack "el Oso" : Un musicien disparu, par exemple.

JB : Oh, voyager dans le passé ? Si je pouvais remonterdans le temps j’aimerais jouer plus avec Barry Rogers, le tromboniste. J’adorerais jouer plus avec Pete "El Conde" Rodriguez. Ces deux musiciens sont ceux qui ressortent le plus dans les domaines du trombone et du chant. Et j’ai travaillé avec eux, mais si je pouvaix remonter dans le temps je souhaiterais le faire plus, simplement parce que c’était vraiment fort pour moi et vraiment important pour moi, et ils sont toujours très importants pour moi.

Avec qui n’ai-je pas encore travaillé et avec qui j’aimerais le faire, qui soit toujours en vie ? (Il hésite). Il faudra qu’on en rediscute. (Rires) C’est une question intéressante, je n’y ai pas vraiment réfléchi.

Je crois qu’une des réponses les plus évidentes, c’est qu’en tant que musicien qui souhaite transmettre cette musique, ce serait de continuer à voyager dans le monde entier avec des musiciens de différents pays qui sont tombés amoureux avec ce style particulier de salsa dura, afin de leur transmettre cette information et cette expérience. L’une des choses que j’apprécie le plus, lorsque j’utilise un backing band comme aujourd’hui, c’est que lorsque j’utilise un orchestre en Grèce, il s’agit principalement de musiciens grecs, ou encore quand je vais au Japon, j’utilise un orchstre japonais avec une majorité de musiciens japonais, et dans ces occassions là, j’aime créer des moments particuliers, qui inspireront ces musiciens et leur donneront l’envie de continuer à apprendre à jouer cette musique d’une manière authentique, et de représenter ce style dans leurs pays. En tant que professeur, c’est très important pour moi. Les musiciens en général, dans le monde entier.

Jack "el Oso" : Une petite citation, extraite du morceau El Embajador sur ton dernier album : Aunque la radio me lo niega, salsa dura es la que va. Un commentaire sur ce pregón ?

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Jimmy Bosch
Photo : Jack "el Oso"

Jimmy Bosch : tout est dit, dans cette petite phrase. C’est un message direct aux maisons de disques et aux gens de la radio. C’est ma façon de rester franc. Lorsque tu entends un truc de ce genre sur un album comme le mien, tu te dis à nouveau : "Jimmy Bosch en a !", parce que j’ose dire ce que je pense. En tant que compositeur et producteur, si je veux que mes albums soient l’expression de mes expériences vécues, il faut que je reste dans le vrai.

Je crois que ce qui s’est passé, depuis que cet album est sorti et que ce message é été entendu, c’est que certaines stations de radio, désormais, passent ma musique. Je crois que quand tu regardes les gens dans les yeux, et que tu leur dis la vérité, ils te respectent plus. Et parfois, ça fonctionne, et les gens changent, le système change. Je crois que la salsa dura fait maintenant son apparition sur des stations radio où elle n’avait pas droit de cité, et c’est une bonne chose.

A Porto Rico par exemple, Z-93 passe mes morceaux, et il y a également une station qui s’appelle La Voz qui passe ma musique. Je crois que beaucoup de gens tombent des nues quand ils entendent ma musique à la radio à POrto Rico parce que ces stations radio, tout comme beaucoup de grosses stations radio dans le monde, sont impliqués dans tout un système de payola [paiement de pots-de-vins en échange de la programmation d’un titre, Ndlr] et d’argent, et dans cet exemple précis, ce n’est plus le cas. Je crois que beaucoup de ces stations radio passent ma musique simplement parce que c’est de la bonne musique, et c’est une bonne chose.

jsalsero : Enseignes-tu la musique, fais-tu des master classes ?

Jimmy Bosch : Oui, mais très peu. Je les fais payer TRES cher (rires), parce que je n’ai tout simplement pas beaucoup de temps à consacrer à ce domaine. Ceci dit, si je trouve un tromboniste qui brûle littéralement d’envie de jouer dans le même style que le mien, j’accueillerai cet élève et je dégagerai du temps pour lui, une fois de plus, parce que c’est ma façon de transmettre cette musique.

Le style que je joue, ma façon de penser, mon approche des moñas, voilà ce que j’aime enseigner. Je n’aime pas particulièrement enseigner le trombone d’une façon conventionelle. Je préfère travailler avec des élèves qui ressentent ce que je fais et la façon dont je le fais, et qui veulent en savoir plus dans ce domaine. Lorsque je donne des leçons de trombone à ce type d’élèves, le cours est un dialogue, une disucussion, on écoute de la musique, on écoute des morceaux que j’ai enregistrés, et on parle de la façon dont ils le ressentent, comment ils l’entendent. Ensuite, j’explique comment j’ai ressenti ce que j’ai joué, ce que j’ai voulu exprimer, comment je pense et comment j’ai pensé à ce moment là. Il m’arrive aussi de jouer sur ce morceau, puis de les faire jouer. Donc, habituellement, lorsque j’enseigne, c’est de l’improvisation au pied levé. De l’expressivité, et je parle toujours de sentir la musique, le mot-clé est le feeling, c’est ça, le côté magique.

Jack "el Oso" : Quelques mots sur Oscar Hernandez ?

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Jimmy Bosch
Photo : jsalsero

JB : Oscar Hernandez ? Combien d’années a-t-il consacré à cette musique, dans combien d’albums et de projets différents ! Je suis très heureux pour Oscar Hernandez du succès qu’il rencontre avec Spanish Harlem Orchestra, dont je fais partie. C’est un rôle formidable à jouer. Oscar Hernandez est aux commandes d’une machine parfaitement huilée, en tant que leader et directeur musical de Spanishy Harlem Orchestra. Il est très soucieux de produire de la très bonne musique et d’excellents spectacles pour le public dans le monde entier. Il travaille très dur, et il mérite amplement d’avoir un excellent orchestre et de produire de très bons albums. J’espère que celà continue ainsi pour lui dans ce domaine.

Jack "el Oso" : Quels sont tes projets, pour les mois à venir ?

Jimmy Bosch : Momposónica, le groupe de Rock en espagnol dont je parlais tout à l’heure, que je produis. Je commence également à tracer une ébauche de mon prochain album. Comme je le disais précédemment, mon futur album chez JRGR Records, et mon quatrième album en solo, sera un peu plus porté sur le genre de la descarga. Il y aura beaucoup de surprises en termes de musiciens invités sur cet album, et j’espère arriver à réunir les grands héros de ce genre musical dans un groupe qui enregistrera simultanément en studio, un disque qui sera le meilleur album de descarga de ces dernières années.

Jack "el Oso" : composer, écrire des chansons, enregistrer des albums, et te produire sur scène, que préfères-tu ?

Jimmy Bosch : ça a toujours été la scène.

Jack "el Oso" : si tu ne devais garder qu’une seule de ces activités, ce serait donc la scène ? Te vois-tu continuer à te produire sur scène, dans, disons, 40 ans ?

Jimmy Bosch : Non. Absolument pas. Aujourd’hui, j’ai 45 ans. Je voudrais arriver à être indépendant financièrement à l’âge de 50 ans, et alors j’arrêterai la scène, c’est comme ça que j’envisage les choses. Après, je continuerai à produire de jeunes artistes pour perpétuer cette musique, et à écrire pour d’autres artistes qui voudront enregistrer mes morceaux.

Mais je crois qu’après 40 ans de voyages et de tournées devant les publics du monde entier, je suis quelque peu lessivé (rires). Je crois que je continuerai à me produire sur scène, bien sûr, mais pas comme je le fais maintenant. Je ferai quelques spectacles par an, des grosses productions, et ça me suffira. Je crois qu’il me reste encore 4 ou 5 ans de tournées dans le monde entier et de spectacles, et après, avec de la chance, je pourrai rester à la maison à côté de la piscine (rires).

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Jack "el Oso" et Jimmy Bosch
Photo : jsalsero


 

 

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