
- Orlando "Maraca" Valle
- Photo : Jean-Luc Agathos
Maraca et ses troupes ont l’habitude des projets, disons... protéiformes, où leur petite formation, extrêmement bien rôdée par ailleurs, se met en danger en abordant un répertoire nouveau et en accueillant des invités prestigieux.
C’est souvent réussi. Ce soir, la réussite sera mitigée.
En parvenant à monter ce projet, Eric Duffau a sans doute cru avoir fait le plus difficile en faisant sortir Candido Fabre de sa retraite. Erreur ! Le plus dur n’est pas de le faire venir, mais de le faire taire.

- Candido Fabre
- Photo : Jean-Luc Agathos
C’est d’ailleurs légendaire, l’intarissable Candido est capable de tenir le crachoir pendant des heures, et de terminer ses concerts au petit matin sans avoir vu passer le temps.
Il est parfois proche du génie dans ses improvisations, mais ces éclairs seront rares ce soir, d’autant que la maladie a eu raison de son timbre de voix si particulier.
Tiburon Morales ne souhaitant pas être tenu en reste, les deux gamins se chipent le micro pendant presque tout le concert, et tirent à la ligne d’une façon parfois drôle, sporadiquement géniale, souvent anodine.

- Tiburon Morales
- Photo : Jean-Luc Agathos
Le genre de concert où il faut faire le tri sélectif avant de tout laisser entrer par les oreilles, mais qui ne manque heureusement pas d’intérêt.
Après avoir obtenu avec difficulté qu’on laisse le champ libre à Israel "Cachao" Lopez, les choses deviennent extrêmement sérieuses.

- Israel "Cachao" Lopez
- Photo : Jean-Luc Agathos
Pour sa troisième participation à Tempo Latino, et à l’occasion de ce qui sera, a-t-il déclaré, sa tournée d’adieu, Cachao a livré un nouveau chef-d’oeuvre de concert.
Dès les premières secondes, il faut constater la perfection des choeurs, dont le phrasé, l’adéquation des timbres et l’harmonie sont impeccables.
Et voir Cachao jouer de sa contrebasse, toutes les techniques possibles étant employées (archet, pizzicatos, grande claques sur la caisse, etc.), aller nous faire un peu de piano, dialoguer avec ses solistes, inviter les membres musiciens de sa famille, présents, à faire quelques notes (dont Cachaito !), tel un gamin qui vient de nous en faire une bien bonne, est tellement réjouissant !

- Israel "Cachao" Lopez
- Photo : Jean-Luc Agathos
On pourra également admirer la virtuosité de Richie Flores, ici exploité en soliste quasi permanent, tandis que ses prestations en invité avec les autres orchestres du festival prouveront qu’il est trop volubile pour se cantonner au rôle d’accompagnateur.
Sans fioritures, sans racolage, tout en douceur, en charme, en volupté, Cachao se livre, s’amuse, affiche la banane des grands jours et nous enchante, comme à chaque fois.
D’adieu, la tournée ? C’est sûr ? On en reprendrait bien un peu, pourtant...
Musiciens :
Orlando "Maraca" Valle, flûte, chant et direction
Candido Fabre, chant
Tiburon Morales, chant
Orchestre, non précisé
Israel "Cachao" Lopez, contrebasse et direction
Alfredo Valdes Jr., piano
Kiwko Fumero, trompette
Jimmy Bosch, trombone
Mark Gregory, trombone
Rafael Palau, saxophone
Frederico Britos, violon
Edwin Bonilla, timbales
Richie Flores, congas
Daniel Palacio, choeurs
Anthony Columbie, chant