La bande dessinée, assez courte (22 pages), est plutôt jolie : le narrateur évoque le souvenir d’un des derniers concerts de Tito Puente, auquel il a assisté, au Blue Note de New York en 2000, prétexte à l’évocation de la vie du timbalero, vibraphoniste et chef d’orchestre.
C’est l’occasion de laisser parfois la parole à l’artiste et de rappeler certains faits finalement hallucinants : cinq Grammy Awards, 120 albums, 450 compositions, 2.000 arrangements, 10.000 concerts, une étoile sur Hollywood Boulevard, une apparition dans deux films et, consécration ultime, dans un épisode des Simpsons !
Qui peut se vanter de pareille carrière (euh... à part Johnny) ?
La courte biographie de quatre pages (en français et anglais) est axée sur la lente maturation d’une musique qui, comme le jazz, est issue des pistes de danse et finira par devenir plaisir de mélomane.
Il faudra passer sur quelques approximations (la salsa serait un mélange de musiques latines et de... rock, avec la "preuve par Santana" pour appuyer ce théorème oyecomovesque) pour se servir de cet ouvrage fort sympathique comme un pont vers l’univers de Puente (oui, je sais, on la faisait déjà à la maternelle, celle-là, mais elle me fait toujours rire).
C’est enfin vers les deux CDs qu’il faut se tourner pour apprécier l’ensemble du projet éditorial : 42 titres, limités à la décennie 1946-1956, période charnière, puisqu’El Rey fonde son propre orchestre en 1949.
Seuls les deux premiers morceaux témoignent de sa participation aux orchestres d’autres directeurs (José Curbelo et Pupi Campo). Dès le troisième, on attaque avec l’orchestre de Tito Puente, en 1949.
Les incontournables saucissons y figurent ("El Rey Del Timbal" ou "Ran-Kan-Kan"), mais dans les versions les plus anciennes, finalement les plus efficaces.
A leurs côtés, quelques bijous issus des périodes de big band (bourrés jusqu’à la gueule d’un inégalable swing) ou des expérimentations polyrythmiques menées en petit comité, dont les titres constituent à eux seuls le "making of" ("Timbale Solo", "Sticks On Bongo" ou "Tito And Mongo On Timbales").
Dans tous les cas, le choix des morceaux met l’accent sur les qualités d’interprète du "roi de la musique latine", avec de très nombreux solos mis en avant.
Dans l’immense discographie de Tito, impossible à réunir sans faire preuve d’un acharnement surhumain, la compilation permet rarement de faire des découvertes.
Mais outre la qualité éditoriale et pluridisciplinaire de l’objet, ces deux disques, avec leurs limites chronologiques, permettent de remettre en perspective le travail du chef d’orchestre sur une période assez courte, et remettent en mémoire des titres qu’on n’avait plus trop présent à l’esprit.
"Tito Puente", BD Jazz volume 38 :
Dessins : Thierry Alba
Scénario : Nicolas Pothier
Biographie : Pierre Carlu
Traduction anglaise : Martin Davies
Editeur : Editions Nocturne, 2007
Collection : BD Jazz
La page consacrée à ce livre sur le site des éditions Nocturne
Titres :
Rumba Gallega (Theme), Into Repica El Timbal (Tito Puente)
Earl Wilson Mambo (Tito Puente)
Abaniquito (Curbelo, Escoto)
Timbal Y Bongo (Tito Puente)
Vibe Mambo (Tito Puente)
Mambo Diablo (Tito Puente)
Por Tu Amor (inconnu)
The Donkey Serenade (Friml, Stothart, Forrest, Wright)
Plaza Stop (inconnu)
Mambo La Roca (Milta Sanchez)
Cuban Cutie (Ethel Smith)
El Timbal (Tito Puente)
Tito Mambo (Tito Puente)
Happy Heart (René Touzet)
Tren Expreso (Take The A Train) (Billy Strayhorn, arr. Tito Puente)
Esy (Tito Puente)
Timbale Solo (Tito Puente)
Elegua Chango (Tito Puente)
Yambeque (Tito Puente)
Sticks On Bongo (Tito Puente)
Cuban Fantasy (Ray Bryant, arr. Tito Puente)
Pa’ Los Rumberos (Tito Puente)
Swinging Mambo (T. Puente, M. Santamaria, W. Bobo, C. Valdez)
Mambozooka (Marty Holmes)
Mambo Inn (Mario Bauza)
El Rey Del Timbal (Tito Puente)
Mambo Tipico (Tito Puente)
Havana After Dark ("Chico" O’Farrill)
Habanero (Ray Coen)
Tito And Mongo On Timbale (Tito Puente)
Mambo With Me (Tito Puente)
Titoro (Tito Puente)
Pico Y Tostao (Tito Puente)
What’s This Thing Called Love ? (Cole Porter, arr. Tito Puente)
Birdland After Dark (Oscar Pettiford, arr. Tito Puente)
Tito ’In (A. K. Salim)
Tito Timbero (Ercilia Ortiz)
Vibe Cha-Cha (Tito Puente)
El Baile Del Pinguino (Ernesto Duarte Brito)
Lare Lare (Milta Sanchez)
Picadillo (Tito Puente)
Ran-Kan-Kan (Tito Puente)
Musiciens :
Tito Puente, direction, timbales, vibraphone
Trompette, trombone : Jimmy Frisaura
Trompette : Irwin Applebaum, Mario Bauza, Paul Cohen, Nilo Curbelo, A. De Risi, Andres « Merenguito » Forda, Bernie Glow, Chico Gonzalez, Chubby Kuesten, Frank Lo Pinto, Ralph Nasser, Gene Pappetti ou Rapetti, Al Porcino, Tony Russo, Sam Seavor, Nick Travis
Trombone : R. H. Alexander, Robert Ascher, Eddie Bert, Johnny Mandel, Ben Pickering, Santo Ruso, Sam Takvorian, Kai Winding
Saxophone et/ou flûte : Leo Biondo, H. Berg, Irv ou Irving Butler, Ed ou Edwin Caine, Nat Cappi, Tony Castellano, Allen Fields, Edward Grimm, Joe ou Joseph Herde, Marty Holmes, Dave Kürtzer, Mel Lewis, Joe ou José Madera, Carl Orich, Gene Quill, Sol Rabinowitz, Jerry Sanfino, David Schildkraut, Sol Schlinger, Frank Socolow
Piano : José Curbelo, Al Escobar, Alvin Gellers, Joe Loco ou Al Escobar, Gil Lopez, Charlie Palmieri, Luis Varona
Guitare : Al Casamenti, Barry Galbraith
Basse : José Curbelo Sr, Manuel Patxot, Tony Reyes, Boby ou Bobby Rodriguez, Amadito ou Amado Vizoso ou Visoso
Batterie : Jimmy Nevada
Bongo, congas : Frank Colon, Manny Oquendo
Bongo : Willie Correa, Chino ou Francisco « Chino » Pozo, Chino Pozo ou Johnny Rodriguez
Bongo, percussions diverses : Willie Bobo
Congas : Alex Campo, Frank Colon ou Mongo Santamaria, A. D. Jimenez, Carlos Vidal
Congas, percussions diverses : Carlos « Patato » Valdez
Bongo, congas, timbales, percussions diverses : Mongo Santamaria
Claves, maracas : Pupi Campo
Percussions diverses : Candido Camero, John Rodriguez
Chant : Tito Rodriguez, Vicentico Valdes