C’est Alexander Abreu, trompettiste de talent, voire, pour continuer à être honnête, de génie, qui mène la barque cubano-danoise (ou dano-cubaine, allez savoir) sur ce CD, dont il est le principal compositeur (4 titres sur 9) et arrangeur (6 titres). Pour se faire une idée de la place que tient l’un des meilleurs musiciens de sa génération dans le paysage afro-cubain, une recherche sous son nom dans le moteur du site www.descarga.com fait ressortir le who’s who des meilleurs groupes, avec lesquels il a collaboré.

Sur cet album Mi Musica, le titre le plus évident est le titre éponyme (plage 6 pour les DJs !), conçu au cordeau, avec un break bien pêchu qui sépare le morceau en deux, la partie mélodique du thème et... hé bien, la grosse déchirade rythmique de la suite. Sans oublier cette fin unplugged, guitare-voix, qui trouble tant les danseurs ("C’est pas fini ! C’est pas fini !), mais qui groove sa race grave (comme on dit dans les Causses quand il fait beau).
Mais les beautés de cet album sont partout, elles se glissent dans chaque choeur (qui sont à eux seuls une raison suffisante pour justifier l’achat de cette galette), dans chaque phrase de cuivre (et l’attention particulière portée à leurs phrasés est toute abreuesque), dans chaque break et chaque relance de la section rythmique.
Les mélodies sont mnémoniques, défendues par une voix immédiatement identifiable (tous les spectateurs de télé-crochets savent désormais ce que signifient les termes "signature vocale", ils en ont une belle démonstration ici) et un chanteur qui donne le meilleur de lui dans les montunos (mais si, les passages où il alterne avec les choeurs !).
Les idées musicales de production sont surprenantes et parfaitement intégrées à l’ambiance : la fin du titre Mi Musica, déjà évoquée, ou celle de Cancion de Verano (percussions et choeurs), ou encore la présence d’un harmonica sur le cha cha cha Cuentame Todo avec ses "sha la la la" popisants.
Très écrit, sans pourtant que cette sophistication d’écriture ne se fasse jamais au détriment de l’efficacité choréogène, cet album mérite que tous les amateurs s’y intéressent, qu’ils soient du genre à se servir des pieds, des oreilles, ou des deux (enfin, des 4, s’ils sont normalement constitués).
Titres :
Solo Para Ti (A. Abreu, arr. A. Abreu)
Cancion De Verano (C. Perez, M. Engsager, P. Lyster, arr. C. Perez, M. Engsager & A. Abreu)
Nena (A. Abreu, arr. A. Abreu)
Historia Verdadera (A. Abreu, arr. A. Abreu)
Camina Y Prende El Fogon (H. Echemendia)
Mi Musica (A. Abreu, arr. A. Abreu)
Cienfuegos (V. Lay, arr. Grupo Danson)
Cuentame Todo (A. Mendez, arr. A. Abreu & C. Perez)
Rumba A Matanzas (C. Perez & M. Engsager, arr. M. Engsager)
Musiciens :
Alexander Abreu, trompette, voix lead, choeurs, cloche, cajon
Carlos Perez, trombone, voix lead, choeurs, güiro, quinto
Ernesto Manuitt, voix lead, choeurs
Mia Engsager, trombone, choeurs
Yasser Morejon, basse, tres, guitare
Rune Thorsteinsson, piano
Peter Ehler, congas, bongo, cajon, percussions mineures
Antonio "El Negro" Moreaux, timbales
Jorge Egües, bongo
Sixto LLorente "El Indio" (invité), chant lead
Rolando Luna (invité), piano, claviers
Yaroldy Abreu (invité), congas
Keisel Jimenez (invité), timbales
Ronnie Iyarsa Barreto (invité), batterie, timbales
Jasniel Rodriguez (invité), choeurs, güira
El Fino (invité), basse
Marcos Crego (invité), piano, claviers
Edwin Jimenez (invité), güiro
Lidices Hernandez (invité), choeurs
Calixto Oviedo (invité), choeurs
Gretchen Lopez (invité), violons
Jezusin (invité), harmonica