La République Démocratique du Mambo a bon esprit. Pour preuve, la liste des musiciens (reproduite ci-dessous mot pour mot ! allez donc y jeter un oeil, ça vaut le détour !) qui, si elle n’affiche pas de vedette (ah si, Pierre Vassiliu qui vient filer un coup de glotte), donne une idée de l’ambiance qui règne en studio.
Elle s’attaque à la République... euh, non, à la Démocratie... euh, pas plus... Elle s’attaque à un répertoire de mambo qu’elle a décidé de conserver "dans son jus", avec une orthodoxie dont son ancêtre Mambomania avait décidé de s’affranchir (pfff, ils ne respectaient rien, ces mambomaniaques).

Le mimétisme est saisissant, gonflé, maniaque et obsédé, et va traquer l’authenticité dans la moindre note de l’arrangement, dans le moindre curseur de la console du studio d’enregistrement (Jam, à Montpellier, hommage lui soit rendu), jusqu’à contaminer les intonations du chanteur sur un ou deux titres.
Et croyez-moi, voir surgir de sa platine ou de son baladeur le fantôme (qu’on imaginait poussiéreux) du mambo, ça surprend !
Deux titres viennent montrer de quoi la RDM est capable dans un idiome plus contemporain ("La RDM" et "Piropo", qui sont, si je ne m’abuse, les deux compositions originales de l’opus), mais l’essentiel du propos tient dans ces reprises de mambos (et de cha cha chas, soyons juste) de la grande époque.
Un répertoire choisi hors des sentiers battus du genre (à l’exception de "Mambo 5", par ailleurs impeccable).
On avoue s’être posé la question : "A l’heure des rééditions en qualité numérique, quel est l’intérêt de reprendre ce répertoire quasi à l’identique ?" Il suffit d’écouter le CD pour y répondre : "C’est pour le plaisir, et ça fait un de ces bien !"
Musiciens :
Alejandro del Valle, Fred Breton, Gilles Labourey et Régis Willm : pianos
José Vicente (dit le commandant Cruz ou El Presidente) : direction, basse, guitare sur Vampiros en La Habana, choeurs un peu partout... mal de tête et aspirine C15000 pour les plannings des concerts
Pablo Espinosa (dit el Negro Piropo) : chant, choeurs, basse sur La RDM et Piropo, l’Immigrant dans La Frontera
Rafaël Quintero : chant, poèmes et choeurs, le Douanier dans La Frontera
Jérôme Bresset (dit Raymond), Saïd Chaïbi, Franck Génard (dit le Cintre), Rafaël Genissio, Jérôme Viollet (dans le salon avec le Chandelier, aux timbales, congas, bongos, campana, güiro. Dans le désordre le plus total parce que je me souviens plus vraiment qui a joué e quoi et quand... a part que Saïd a aussi fait les choeurs sur presque tous les morceaux...
Eric Fillou : sax basse, sax ténor, bains de mer (l’été)
Jean Jacques Lion : sax baryton, sax ténor et des fois alto (Apéro sur l’étang de Berre, l’été)
Gérard Gunion, dit Gégé ou Maraldo : sax alto, grillades (l’été)
Quirino Guevara : sax alto, piano dans Vampiros en La Habana
Philippe Anicaux, Greg "l’Allocataire" Balidian, Chérif Lotfi, Alain "John Mac" Henriot, Maxime Léger, Christophe Moura, Rémy "Perrrrlita" Rodriguez, Dominique Rieux, Frédéric Varot, Michel Bourguet : trompettes et des fois bugle pour ceux qui l’ont pris en 2ème langue
Invités : Jacques Lyprendi (piano sur Never on Sunday et Puerto Azul), Cédric Léonardi (timbales sur Maggie’s Mambo), Jean-François Angles (ténor sur Never on Sunday), Gérard Couderc (alto sur Maggie’s Mambo), Joël Mille (ténor sur Maggie’s Mambo), Manu Chevalier (chorus trompette sur Mambo Mono), Ruben Paz (chant et flûte sur Vampiros en La Habana), Pierre Vassiliu, Patrick Chenière dit Général Alcazar (choeurs sur Maggie’s Mambo), Jean Mach (sax baryton sur Maggie’s Mambo)
Titres :
Escena del aeropuerto (Adrien Vicente)
La RDM (Pablo Espinosa)
Buenas noches che che (Tito Rodriguez)
Cha cha cha para ti (H. Wegbreit / Tito Rodriguez)
Mambo mono (instrumental) (Noro Morales)
Guajirita (E. Romero)
Mambo with me (instrumental) (E&G. Sampson)
Los Angeles (Tito Rodriguez)
Maggie’s Mambo (instrumental) (René Hernandez)
Piropo (Pablo Espinosa / Rafael Quintero)
Never on Sunday (instrumental) (M. Hadjidakis)
Puerto Azul (C. Guerra)
Rico rica cha (Tito Rodriguez)
Se te cayo el Tabaco (Tito Rodriguez)
Mambo 5 (Perez Prado)
Fue en Santiago (Beny Moré)
Vampiros en La Habana (Rembert Egües)