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Une petite histoire de la conga
Part.1 Les origines africaines
par Laurent "ZunZun" Lamy

Bien que communément présente dans nos univers visuel et musical ainsi que dans de nombreux enregistrements discographiques tous styles confondus, la conga n’est encore que trop souvent remisée au rang des accessoires et désignée comme non digne de considération.

Dans notre beau pays, de nombreux conservatoires de musique disposent de magnifiques instruments mais ne se dotent pas de cursus en rapport avec son identité réelle. Tout juste si dans ces hauts lieux de la culture on sait comment on les appelle, ces « tams-tams » que l’on joue bien souvent avec les baguettes comme sur des rototoms.

Avant d’essayer d’entrer en toute humilité plus en détails dans l’histoire de la conga, commençons par rendre son « vrai nom » à cet instrument. Ce que nous appelons conga ou congas ont vu le jour à Cuba. Elles sont par conséquent le produit de la culture afro-cubaine. Dans ce contexte, le mot conga est appliqué à un tambour spécifique joué pour un rythme de carnaval. La danse et le tambour ont le même nom.

Le terme cubain, utilisé dans son sens initial, est tumbadora ou plus familièrement tumba. Ce mot quant à lui, n’est pas utilisé pour désigner les tambours joués dans les carnavals mais plutôt dans les musiques traditionnelles et plus commerciales. Le mot tumbadora, qui est considéré comme plus précis par les Cubains et par les amateurs éclairés, vient du style folklorique appelé rumba ; à ne pas confondre avec la rhumba qui est une danse de salon qui n’a rien à voir avec la rumba. C’est aussi la rumba que l’on considère comme responsable du développement musical de ces tambours.

Le développement de la tumbadora est inséparable de celui de la rumba. C’est la première musique pour laquelle des instruments se sont spécifiquement appelés tumbadoras. C’est aussi la rumba qui a finalement mené à leur utilisation populaire. Il est intéressant de noter qu’avant la standardisation du mot rumba, d’autres mots comme timba, tumba, tambo, et bien d’autres encore, ont été utilisés pour se référer à ces réunions musicales et populaires. Sans que l’on puisse le vérifier, on peut penser que le nom tumbadora désignait simplement les tambours utilisés pendant une tumba (fête)...

Il est intéressant de noter que le mot tumba se retrouve dans la langue espagnole où il signifie « tombe » ou « tombeau » et dans certains dialectes africains, par exemple en lingala où il signifie « braises » ou bien « feu ».

LES INFLUENCES ETHNIQUES

- L’influence bantu

Leur apport fut énorme dans la culture cubaine et en particulier dans la musique populaire. Leur provenance se situe dans la région de la République démocratique du Congo et de l’Angola. La conga, les bongos, le güiro, la marimbula seraient des instruments d’origine bantu. Selon certaines sources, le mot « tumbadora » contiendrait des origines bantu.

Les tambours des Congos furent très nombreux malgré le nom unique et donc trompeur de ngoma. On parle volontiers des tambours ngoma comme les ancêtres culturels des congas. Le terme Ngoma désigne les tambours traditionnels d’origine congo-bantoue à Cuba. A Cuba ainsi qu’en Afrique, on appelle tambours ngoma ou congo des tambours de formes, de sonorités complètement différentes et pour des contextes eux aussi très différents. Les tambours de Makuta sont employés au cours de cérémonies religieuses tandis que les tambours Yuka sont joués pour des fêtes profanes. Bien que la rumba soit issue pour partie de la musique Yuka, il est intéressant de constater que la forme de certains des plus grands tambours de Makuta ressemble beaucoup à celle de la tumbadora d’aujourd’hui.

- L’influence Yoruba

Les Bantu ont surement eu l’influence la plus forte sur les tumbadoras mais ils n’ont pas été les seuls. Le second groupe ethnique qui a eu un fort impact sur le développement des tumbadoras est appelé Lucumi à Cuba. Le mot lucumi est utilisé à Cuba pour se référer aux descendants des Yoruba du Nigéria.

Parmi les différentes formes musicales lucumi, c’est le bembé qui aura sans doute le plus influencé la tumbadora du fait de son contexte festif. La construction des tambours bembe a varié mais beaucoup des premiers modèles ressemblaient presque exactement à la tumbadora.



 

 

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