Est-il vraiment utile de présenter El Gran Combo ? Si par le plus pur des hasards, vous étiez passés à côté de cet orchestre, disons simplement qu’il est à Porto-Rico ce que Los Van Van sont à Cuba, ou encore ce que El Grupo Niche est à la Colombie : le grand orchestre légendaire et incontournable. Fondé et dirigé depuis 1962 (!) par Rafael Ithier, ce groupe est à l’origine de dizaines de "tubes" qui encore aujourd’hui, résonnent sur les pistes de danse du monde entier, dont les deux plus récents sont sans doute "Me liberé" et "El Matrimonio", sortis respectivement en 2001 et 2004.
Voici donc un nouvel album de cette institution musicale qu’est El Gran Combo, qui au fil des années, reste on ne peut plus égale à elle-même. On retrouve ici les éléments fondamentaux qui font le succès de ce groupe depuis plus de 40 ans, notamment :
des rythmes variés, avec de la salsa plutôt destinée aux pistes de danse, tel le single "Sin salsa no hay paraiso", des morceaux plus romantiques mais néanmoins pêchus, tels "Alguien que me quite tu amor", mais également un son montuno, "El Comején" ;
de l’humour, que l’on retrouve notamment dans "El problema esta en el coco" ;
des arrangements inimitables, qui font que l’on reconnaît ce groupe dès les premières notes ;
une répartition des morceaux très équitable entre les deux chanteurs "lead" de l’orchestre, j’ai nommé Charlie Aponte et Jerry Rivas ;
et bien sûr, une pochette où l’orchestre ne manque jamais d’apparaître dans son intégralité (14 musiciens, quand même), en respectant systématiquement le look on ne peut plus classique du grand orchestre caribéen, tout le monde étant vêtu de la même manière... sauf le directeur musical (dans le cas qui nous occupe, Rafael Ithier), histoire que l’on sache qui est le chef.
Avant d’aller plus loin, un petit extrait :
On trouve également sur cet album une "auto-reprise", exercice auquel El Gran Combo nous avait déjà habitué par le passé, mais qu’il n’avait pas pratiqué depuis plusieurs années : la reprise d’un de ses propres morceaux, avec des arrangements remis au goût du jour. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit de "Achilipu", initialement sorti en 1971 sur l’album "De punta a punta".
Enfin, deux éléments beaucoup moins habituels :
une salsa-ballade à texte, "Es la mujer", qui prend position contre la maltraitance des femmes ; la chanson militante est habituellement très loin d’être le registre du Gran Combo, cela méritait d’être relevé ; et
un hommage au public colombien, parmi lequel El Gran Combo est depuis de longues années immensément populaire, au travers de la reprise mi-salsa mi-cumbia du morceau "Colombia tierra querida" (une cumbia à l’origine) de Lucho Bermudez, qui a fait l’objet de très nombreuses reprises par ailleurs, notamment par notre Yuri Buenaventura national dans son premier album.
Sin Salsa No Hay Paraíso
El Problema Está En El Coco
El Comején
La Espuma Y La Ola
A Mí Me Gusta Mi Pueblo
Es La Mujer
Alguien Que Me Quite Tu Amor
Achilipú
Colombia Tierra Querida
La Raceta De Amor
Musiciens : Taty Maldonado, trompette
Victor "Cano" Rodriguez, trompette
Freddie Miranda, saxo
Eddie Perez, saxo
Moises Nogueras, trombone
Richie Bastar, bongo
Miguel "Pollo" Torres, congas
Domingo "Cuqui" Santos, timbales
Freddy Rivera, basse
Willie Sotelo, piano
Rafael Ithier, direction musicale
Charlie Aponte, chant, choeurs
Jerry Rivas, chant, choeurs
Papo Rosario, chant, choeurs