Peux-tu nous parler de ta formation de danse (hors danses cubaines) ?
J’ai été complètement emballée à 21 ans par les danses africaines, je vivais alors à Toulouse. A tel point que j’ai abandonné mes études et n’ai plus fait que ça, avec mes super copines Sandrine Plaa et Marie Claude Zordan, on était surmotivées. On a eu la chance de travailler avec Germaine et Patrick Acogny, José Chalon, Alphonse Soumah, et bien d’autres … En parallèle, on s’est également passionnées pour la « Batucada » Brésilienne. On est d’ailleurs à l’origine de « Samba Résille » à Toulouse.
J’ai passé comme ça 5 ans à vivre a fond toutes ces cultures à travers les arts et les voyages. J’ai commencé à enseigner puis j’ai passé un Brevet d’Etat d’éducateur sportif, que j’ai obtenu au CREPS de Montpellier en 96 et je suis restée là-bas. C’est là que j’ai commencé à enseigner la salsa, les danses cubaines et l’afro-cubain. Ce n’est qu’en 2005 que j’ai commencé ma formation de danse-thérapeute.
Comment as-tu découvert les danses cubaines ? Avec qui t’y es-tu formée ?
Un jour, des copines - l’association Yemaya à Toulouse - ont organisé un voyage à l’Ecole Nationale des Arts de la Havane, c’était en 95 je crois … et voilà c’était parti, Cuba m’a complètement happée, une vraie histoire d’amour, je me suis particulièrement sentie concernée et touchée par les danses des Orichas et je viens d’y consacrer 15 ans de ma vie... Il faut dire que je suis tombée sur une « maestra » exceptionnelle en la personne de Maria Sarduy qui enseigne toujours à l’ENA (escuela nacional de arte) et auprès de qui je continue ma formation.
Une fois à cuba, j’ai découvert la Rumba, le son, la comparsa, le danzon, etc. Tout m’a intéressée, aussi je me suis entièrement dédiée aux danses cubaines.
Je me suis également formée là-bas auprès de Juan de Dios Ramos et sa compagnie Raices Profundas, Le Conjunto Folklorico de Camaguey, la compagnie Cutumba de Santiago, différents professeurs de l’ENA pour les danses populaires et les chants Yoruba (Moraima), la jeunesse cubaine pour la rueda et le casino, les Santiaguero pour le Son a contra tiempo et la Conga en la calle... Il en manque... J’ai suivi aussi en France des stages avec Daniela Giacone, Nichito Flecha (Suisse), Sergio Larinaga (Italie), Madeline Rodriguez et dernièrement Daisy Villalejo que j’ai adorée.
Peux-tu nous expliquer la méthode d’apprentissage que tu as mise au point pour rendre plus accessible l’afro-cubain aux Occidentaux ?
Ce n’est pas une « méthode » c’est juste une étude (la mienne) de ce qu’il serait important de structurer, d’aligner dans le corps pour que puissent circuler les flux (musculaires mais aussi énergétiques !), un peu comme une sorte de yoga, selon un dispositif bien précis que j’ai extrait de l’étude des rites.
Toutes ces années, j’ai vécu et observé des dizaines de Santeria et cérémonie pour les morts, dans l’idée de vivre ces danses et chants dans leur contexte originel et de comprendre leur lien avec la spiritualité. C’est grâce à cette démarche en lien avec ma vocation de pédagogue et ma formation de danse-thérapeute que j’ai eu un déclic.
Comment as-tu été amenée à présenter cette « étude »à Cuba en mai 2011 ?
Cela a commencé par ma formation en structuration psychocorporelle et dansethérapie (auprès de Benoit Lesage-IRPECOR), afin de pouvoir enrichir ma pratique d’enseignante en danses Afro-Cubaines. Cinq années plus tard, certificat de dansethérapeute en poche, j’avais pu non seulement enrichir ma pratique, mais aussi faire une analyse assez approfondie de ce que nous enseignaient (car il s’agit bien d’un enseignement) les Orichas.
J’ai envoyé mes recherches à Maria Sarduy et ça m’a valu une invitation à présenter mon travail auprès de l’équipe enseignante et les élèves de l’ENA spécialisée en folklore afro-cubain.
En sortant de la conférence, je me suis retrouvée sur un nuage : Sr O’Farril le directeur de l’ISA m’a conviée à la présenter à l’Institut Supérieur des Arts la semaine suivante... Ce que j’ai fait et Juan de Dios Ramos Mojeron qui était présent m’a invitée à travailler avec sa compagnie Raices profundas.
Ce fut une magnifique expérience, j’ai été touchée par l’accueil que j’ai reçu à l’ENA.

Quelle est la situation actuelle de la salsa à Montpellier, comment a-t-elle évolué ces dernières années ?
Je ne connais pas le milieu de la salsa "portoricaine" .Je peux dire qu’il me semble que la « Cubaine » a le vent en poupe, ça a bien évolué dans la région pour les musiques et danses cubaines ces dernières années. Nous y avons bien sûr largement contribué et les Cubains se mobilisent pour faire connaître leur culture (Hector de Cubadoc, Ernesto de Ritmo Mayabe). Mais aussi diverses assos (Résodance 34, Caminala) ou écoles de danses (studio Latino etc).
Quels sont les musiciens cubains que tu préfères ?
Le groupe de folklore que je préfère c’est Yoruba Andabo , surtout pour leurs danseurs (ses). Et j’adore Manolito y su trabuco , Adalberto Alvarez, Los Van Van ...
Quelles sont tes diverses activités actuelles et tes projets à moyen et long terme ?
Je travaille en collaboration avec Jérôme Viollet qui enseigne les percussions Afro Cubaines a Montpellier. Nous proposons toute l’année des cours et stages collectifs, individuels... Et un stage d’été en Ardèche.
Nous avons fait venir à Montpellier tous les ans depuis 15 ans des grands maitres de la culture Afro cubaines (Maria Sarduy, Lali Gonzales Brito, Ernesto Gatell, Coki Sarria Linares, Nichito, el Flecha, … et le projet à long terme c’est que ça continue ! La dernière à venir était Daisy Villalejo qui est en tournée en Europe et en octobre dernier nous avons organisé un stage et un Domingo de la Rumba qui a marqué le milieu avec la présence de « Piri » Manlay Lopez, jeune et talentueux percussionniste. Autant de moments riches en sensations et en émotions .
Actuellement, nous préparons pour la fin mai la présentation du spectacle Afro Cubain avec nos élèves en danses et percussions pour les Rencontres Taras’Kuba (Pedrito Calvo, Okilakua, Tirso Duarte…)
Le 19 mai, nous serons à Montélimar pour « A lo Cubano » où nous donnons une conférence dansée du « Danzon au Casino ».
Nous animons un stage les 16 et 17 juin à Montpellier, avec du Son, de la Rueda, de l’Afro Cubain et la pratique des body percussions.
Je présenterai mon « étude » au festival ZOUKACUBA qui accueille le 22 juin prochain les immenses « Rumberos de Cuba ».
Je serai à Paris pour un stage (Son et Afro cubain) les 2 et 3 juin prochain avec l’association Callesol.
Vous pouvez vous tenir informé des activités de Claudine Giral et Jérôme Viollet sur le site Combinacion Perfecta